
| Pourquoi la Semaine Universelle de Prière de lAlliance Evangélique. Pour plus d'infos |
Il y a de bonnes habitudes. Il suffit seulement de bien en comprendre les raisons et de résister à la pensée dominante qui voudrait nous faire croire que la vie est du coté du dérèglement et de limprovisation perpétuelle, que la fantaisie est gage de sincérité et que lauthenticité dune démarche est proportionnelle à sa dose de spontanéité. Rien nest moins vrai et les chrétiens devraient sen souvenir un peu plus souvent.
Au chapitre de ces « bonnes habitudes », figure depuis 1847, la Semaine de prière de lAlliance Evangélique. Elle donne loccasion à des millions de chrétiens en Europe et dans le monde de se regrouper pour méditer lEcriture, réfléchir à leur témoignage et prier en semble, les uns pour les autres.
La prière et le témoignage ! La semaine de prière qui ouvre cette nouvelle année nous propose de conjuguer ces deux points à la suite de nombreux textes de lEcriture qui nous y invitent.
La prière est relation, relation à Dieu notre père, par Jésus Christ notre sauveur. Elle est aussi essentielle à de saines relations avec les autres parce que prier pour et avec lautre me conduit à changer mon regard, mon rapport avec lui. Me rapprochant du père, je me rapproche aussi de mes frères et surs et je peux saisir leurs mains. Souvrent alors des possibilités nouvelles de partage, des espaces de collaboration, une vision renouvelée du corps de Christ, une prise de conscience affinée dêtre membre les uns des autres et dun seul corps dont le Christ est la tête.
Le témoignage, cest la mission que le Seigneur nous a confiée. Nous sommes sel et lumière et notre existence doit refléter sa présence dans nos vies. Nos paroles et nos actes doivent rendre compte de lespérance qui est en nous, de la vérité de lEvangile, de la gloire et de la seigneurie de Dieu notre père.
Notre monde a besoin de Jésus Christ, et nous avons chacun un rôle à jouer, si modeste soit-il.
Les défis auxquels nous devons faire face sont bien au delà de nos forces : nous avons besoin du Seigneur, les uns des autres. Rentrons donc dans cette semaine avec le désir de nous laisser saisir par le Seigneur pour être de meilleurs témoins dans cette génération et laisser un impact indéniable pour sa gloire !
La rédaction de ce livret est un travail déquipe. Les textes ont été rédigés par sept auteurs de la République tchèque et des Pays-Bas. Ils ont été adaptés par lAlliance Evangélique et La Ligue qui les propose aussi à la méditation de ceux qui suivent son guide de lecture journalière « Le guide ». Merci donc à Jema Taboyan, Daniel Bresch, Antoine Doriath, Stéphane Lauzet, Jean Paul Zurcher
Lire et méditer :
Actes 1.6-10
Luc 24.1-5
Ésaïe 52.7-10
Lhistoire du christianisme commence par les derniers mots de Jésus sur terre : « vous serez mes témoins
» (8). Beaucoup de chrétiens connaissent ce passage par cur, mais combien sont-ils à le mettre en pratique ? Pourquoi est-il si difficile de vivre ces paroles de Jésus ? La phrase qui précède cet ordre missionnaire est pourtant riche d'espoir : « vous recevrez une puissance, celle du Saint-Esprit » !
La bonne nouvelle, pour le monde, cest que Jésus est vivant. La bonne nouvelle, pour nous ses disciples, cest que nous n'avons pas besoin de convaincre le monde par nos paroles: c'est le travail du Saint-Esprit ! Notre rôle de témoins dépend en fait de ce que nous sommes : des créatures merveilleuses, des fils et des filles objets de l'amour divin, et habitation du Saint-Esprit de Dieu. Nous sommes dailleurs nous-mêmes témoins de l'uvre de Dieu accomplie dans notre vie !
Le monde verra que Dieu est une réalité par notre conduite et nos paroles. Nous reflétons Dieu en vivant comme Jésus a vécu, en aimant Dieu par-dessus tout, et notre prochain comme nous-mêmes. Aimer notre prochain, cest notamment accorder de l'attention aux personnes marginalisées et seules, et prendre soin des pauvres et des malades. Grâce à l'uvre du Saint-Esprit, nous sommes comme les mains de Dieu pour transformer la société. Mais attention, ne confondons pas le rôle du témoin avec celui de lactiviste. C'est notre vie spirituelle avec Christ qui fait la différence dans le monde !
Au cours de cette semaine, nous examinerons de plus près certains aspects importants du rôle de témoin : confesser, invoquer Dieu, être envoyé, rendre jaloux et aller. Ces concepts peuvent changer notre vie
et notre monde. Tout commence par la recherche de la présence du Tout-Puissant et la prière quotidienne en faveur des gens qui nous entourent.
Lire et méditer :
Romains 10.8-10
Luc 24.13-17
Deutéronome 30.9-16
Nous sommes appelés à confesser la raison de notre espérance.
Le terme « confession » a deux sens : la confession des péchés et celle de notre foi. Dans 1 Jean 1.8-9, nous voyons l'importance de reconnaître que nous avons péché contre Dieu. Si nous refusons de confesser devant Dieu notre état de pécheur, nous ne sommes pas capables de confesser notre foi en un Dieu qui nous a sauvés de nos péchés en mourant sur la croix. La confession de notre péché entraîne la confession de notre foi en Jésus, de ce qu'il a accompli pour nous. Sans la première confession, la seconde n'a pas de raison d'être et nous n'entretenons pas une juste relation avec Dieu.
En reconnaissance de ce que Dieu a fait, nous pouvons donc confesser notre foi, à savoir que Dieu a ressuscité Jésus d'entre les morts et nous a sauvés (Rom 10.9). C'est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi, et non par nos uvres (Éph 2.8-9).
Cependant, la simple connaissance de cette vérité ne suffit pas à la faire connaître à d'autres. Les disciples croyaient en Jésus mais c'est le Saint-Esprit qui leur a donné le pouvoir de transmettre son message aux autres. .
Le message qu'ils devaient délivrer était imprégné d'un nouveau pouvoir de transformation, car il était l'uvre du Saint-Esprit, et ne se limitait pas à de simples paroles humaines.
Dieu nous a appelés à être ses témoins et à confesser Jésus devant les gens. Il a transformé des disciples timides en individus prêts à mourir pour leur foi. La puissance qui accompagnait leur témoignage a atteint les endroits les plus reculés de notre monde.
Lire et méditer :
Romains 10.11-13
Luc 24.13-19
Genèse 12.1-9
Dieu appelle chaque individu par son nom, et cest à chacun de répondre en invoquant le nom du Seigneur. Alors il devient membre dune grande communauté : lEglise. Ce qui caractérise les chrétiens et les distingue des autres, cest quils invoquent ensemble le nom du Seigneur. Présents partout dans le monde, pourtant ils ont été appelés à vivre « hors du monde ».
Abraham, père de tous les croyants, nous sert de modèle. Appelé à quitter le pays d'Our, il arrive dans le pays de la promesse, occupé par des étrangers ! Lorsque le Seigneur lui apparaît au chêne de Moré, il lui élève un autel au vu et au su des adorateurs des autres divinités (Gen 12.8). Notre première impression pourrait être qu'Abraham s'abrite et prie derrière l'autel afin dimplorer le salut et le secours de Dieu. Martin Luther a traduit pour sa part : Abraham « proclame » le nom de l'Éternel. Il ne se contente pas de supplier, il revendique aussi le nom de l'Éternel sur tout le pays. Il proclame le Seigneur comme propriétaire de la terre sur laquelle il se tient (Ps 24).
C'est exactement ce que nous faisons chaque dimanche en nous rassemblant pour le culte. Par la prédication, nos prières et nos cantiques, nous proclamons le règne du Christ sur ce monde. En parallèle, nous sommes appelés à sortir des murs de nos églises pour aller dans le monde et présenter l'Évangile aux païens daujourdhui. La foi n'est pas une affaire privée ; elle doit être rendue visible dans l'espace public. Revêtus de puissance par son Esprit, nous invoquons Dieu et lui offrons un style de vie missionnaire là où précisément les masses se prosternent devant des idoles.
Lire et méditer :
Romains 10.14-15
Luc 24.17-21
Jonas 3
Les chrétiens ont pour mission d'annoncer l'Évangile partout dans le monde. Le Seigneur Jésus a transmis cette charge à ses disciples qui, à leur tour, l'ont considérée comme une priorité (Act 6.2). L'histoire chrétienne confirme cela. Les grands serviteurs de Dieu ont d'abord et avant tout été de grands docteurs de la Parole : Tertullien, Eusèbe, Jean Chrysostome, François d'Assise, Jean Hus, Martin Luther, Jean Calvin, John Wesley, Charles Spurgeon, Billy Graham, etc. Malgré notre technologie de la communication hautement sophistiquée, il est absolument évident que le simple exposé de la Parole de Dieu avec la puissance du Saint-Esprit reste un moyen efficace pour faire connaître l'Évangile.
Ce serait une erreur que de confier cette tâche uniquement aux « professionnels », c'est-à-dire aux pasteurs et évangélistes. Nous vivons au milieu de gens dont le chemin vers l'église est envahi par les mauvaises herbes ! Il leur est très difficile dentrer dans nos lieux de cultes pour y écouter une prédication remplie de l'Esprit, et ainsi trouver le chemin vers Dieu. Voilà pourquoi l'ordre de Christ disant : « allez ! » est d'autant plus urgent. Allez où les gens vivent ! Parlez-leur de l'Évangile et vivez-le au milieu d'eux ! Notre contemporain sera frappé plus souvent qu'on ne le pense par un style de vie et l'histoire d'un vécu authentique qui, bien qu'imparfaits, portent l'empreinte du Christ.
Le lieu le plus naturel pour faire connaître l'Évangile est notre lieu d'habitation ou de travail. Cest là que chaque chrétien lemployé, la femme au foyer, le retraité, létudiant, etc. - joue un rôle irremplaçable : jour après jour, il se rend dans le monde de Dieu et peut mettre en pratique le conseil de François d'Assise : « Prêche l'Évangile en tous temps et, si possible, sers-toi de paroles. »
Lire et méditer :
Romains 10.15-17
Luc 24.25-27
Esaïe 6.5-9
Lapôtre Paul parle de la grâce inimaginable que Dieu offre à l'humanité : tout obstacle à notre réconciliation avec lui est ôté. En même temps, il sinterroge : « Comment feront-ils appel à lui sans avoir cru en lui
? » (14) et vient à la question : où sont les prédicateurs ?
La foi vient de ce que lon entend et ce qu'on entend vient de la parole du Christ. Le prédicateur semble donc jouer un rôle crucial. Mais qui est-il ? Il est celui qui est appelé par Dieu : il prêche en étant envoyé. Or Dieu nous appelle tous dans ce but !
Cela nous ramène tout naturellement aux passages bien connus concernant l'ordre missionnaire, quil sagisse de Matthieu 28.19 : « Allez, faites de toutes les nations des disciples », ou de Actes 1.8 : « Vous serez mes témoins ». Mais ces textes ont été utilisés si souvent qu'ils ont fini par être détachés du contexte et appliqués à une catégorie particulière de chrétiens, ceux qu'on appelle « les missionnaires ». Bon nombre de chrétiens ne se sentent ainsi pas concernés ; ils se dégagent de leur responsabilité parce quils ne sont pas missionnaires « au loin ». Mais en réalité, nous tous avons été appelés. Il n'existe pas des « missionnaires » d'un côté, et de « simples croyants » de l'autre. Nous pouvons tous vivre et annoncer la parole du Christ, en communion avec lui. Dieu est fidèle, et il saura susciter une adhésion de foi auprès de nos interlocuteurs.
Alors quil chemine avec ses disciples sur le chemin d'Emmaüs, Jésus explique ses souffrances et son entrée dans la gloire (Luc 24.26). Une fois que Jésus est remonté au ciel, nous, ses disciples, sommes appelés à faire entendre cette explication dans le monde, et à la traduire dans notre façon de vivre. Comme Ésaïe, répondons : « Me voici, envoie-moi ! » (És 6.8)
Lire et méditer :
Romains 10.18-19
Luc 24.28-35
Psaume 19
La jalousie se focalise souvent sur les possessions : si mon voisin possède le dernier modèle de portable, il faut que moi aussi je lachète ! Elle se porte parfois aussi sur le caractère et l'attitude dautrui : si seulement je pouvais lui ressembler !
Sil est possible denvier, il est également possible de chercher à rendre jaloux, en arborant ostensiblement son nouveau gadget ou en affichant bien haut ses compétences ; et cest pire encore !
La déclaration de Paul nous semble donc surprenante : Dieu rendra Israël jaloux (19). Tous les Israélites n'ont pas accepté la bonne nouvelle de Jésus, et Paul montre clairement que ce n'est pas dû à l'Évangile. Si les païens peuvent le comprendre, Israël le pourrait également
Comment rendre les non-croyants jaloux de la bonne nouvelle de Jésus-Christ ? N'est-ce pas mission impossible quand on sait limage très négative que beaucoup dEuropéens ont de l'Église ? Que faire pour quils ne la considèrent pas comme l'agent de l'oppression et du conservatisme moral ?
Et si nous démontrions, en paroles et en actes, que les chrétiens promeuvent la paix, la vérité et la réconciliation ? Et si nous donnions envie aux autres de posséder nos valeurs les plus profondes en entourant de soins, de soutien et d'amour ceux qui sont dans le besoin ? Ne serait-il pas merveilleux que nous, chrétiens du 21ème siècle, adoptions un style de vie qui reflète que « l'avantage est grand » pour celui qui observe la loi de Dieu (Ps 19.12) ?
Romains 10.19, affirme que c'est Dieu lui-même qui rendra Israël jaloux. Nous sommes co-ouvriers avec lui : à nous de refléter le Christ ! Mais en fin de compte, c'est Dieu qui convainc. Prions qu'il ouvre des portes à l'Évangile en Europe. Nous qui formons son Église, rendons les autres jaloux de nos privilèges, afin qu'ils soient amenés à reconnaître en Jésus le Seigneur ressuscité (Luc 24.31).
Lire et méditer :
Romains 10.20-21
Luc 24.36-53
Esaïe 65.1-3, 16-25
Le point de départ de la mission chrétienne est la compassion de Dieu pour toute sa création. Il tend ses mains vers un monde brisé. Il nous envoie comme messagers et lettres du Christ vers les gens de notre entourage (2 Cor 3.3).
Une lettre doit atteindre son destinataire et délivrer un message. Si nous avons à atteindre tous ceux qui nous entourent (voisins, collègues de travail, camarades de classe), nous ne devons pas oublier ceux qui vivent au loin jusqu'aux extrémités de la terre, dans des pays étrangers ou sur des continents différents.
Tous ont besoin de prendre connaissance du message vital de cette lettre du Christ : Dieu aime le monde ! Il a envoyé son Fils, le Seigneur Jésus-Christ, pour sauver tout être humain. Nous sommes chacun une lettre écrite de la main du Christ. Ce rôle n'est pas réservé à quelques spécialistes, c'est un défi adressé à tout chrétien. Des personnes de toutes sortes de cultures arrivent dans nos quartiers ; nous devons donc devenir missionnaires. .
Cela constitue un fondement sain qui nous aide à comprendre la vie et le rôle de l'Église locale, dans la cité et dans la société. Si nous oublions que nous sommes une lettre du Christ écrite par le Saint-Esprit, alors nos programmes, nos projets et nos réunions perdront leur « touche céleste ».
Le but de Dieu n'est pas seulement que nous soyons une lettre, mais que nous comprenions son message et recevions pardon, espérance et joie. Jésus n'est pas venu pour être servi, mais pour servir. Nous sommes exhortés à suivre son exemple.
Puisque l'Église se compose d'individus, prions pour avoir la capacité de toujours voir les richesses que nous avons reçues en Jésus-Christ. Prions pour que chacun de nous entende l'appel à être missionnaire, la lettre du Christ pour les autres.
Lire et méditer :
Actes 4.19-31 ; 28.28-31
Luc 24.48-53
Psaume 51.14-19
Le Nouveau Testament contient plusieurs listes du fruit et des dons de l'Esprit. L'un d'eux, pas nécessairement repéré sous ce nom, est l'assurance. Le mot grec original « parrhésia » figure un certain nombre de fois dans la Bible. Il désigne une qualité que seul l'Esprit de Dieu peut donner aux timides et craintifs. L'assurance découle d'une relation harmonieuse avec Dieu, tout en n'étant pas exempte de péché. Dans le Psaume 51, David confesse un péché grave et dit : « Ne me retire pas ton Esprit Saint
Qu'un esprit de bonne volonté me soutienne ! » Pour l'apôtre Paul, l'assurance n'est pas une vertu obtenue une fois pour toutes, une caractéristique acquise. Elle doit sans cesse être donnée d'en haut.
Dans Actes 4 nous découvrons que ce trait de caractère n'a rien à voir avec l'intelligence ou une mémoire bien remplie. La capacité de communiquer l'Évangile sans la crainte intérieure d'autrui est tout aussi importante que celle de le communiquer sans obstacle extérieur. « Priez aussi pour moi, afin que Dieu minspire les mots justes quand je mexprime, et que je puisse révéler avec assurance le secret de la Bonne Nouvelle. » (Éph 6.19) Cette parole suit immédiatement la description du nécessaire combat spirituel et de la nécessité de revêtir l'armure adéquate.
Alors que Paul vit à Rome, sous étroite surveillance, des gens de tous les horizons et de toutes les croyances viennent le visiter. Le dernier verset du livre des Actes et de notre semaine de prière dit ceci de lui : « Il prêchait le Royaume de Dieu et enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus-Christ, avec une pleine assurance et librement ».
Imitons Paul dans son assurance, et prêchons le royaume de Dieu dans notre foyer, au sein de nos familles, dans les rues, dans nos écoles et lieux de travail.