Les églises évangéliques en France

Texte de la semaine de prière 2008

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Tous les textes sont disposnibles sur un livret. Pour plus d'infos

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« Emmanuel », la réponse de Dieu à notre humanité

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Matthieu 1.20-23 ; 28.20b

Introduction

Le monde a bien changé depuis que les fondateurs de l’Alliance Evangélique décidèrent de consacrer une semaine de janvier à la prière. La formule a fait recette, le mouvement s’est étendu et il a même inspiré d’autres initiatives. Pourtant, cette semaine conserve, aujourd’hui encore, toute sa raison d’être et sa spécificité.

D’abord, elle témoigne de l’importance de la prière, plus particulièrement comme manifestation visible d’une unité spirituelle moins visible. Nous sommes unis parce que Dieu est notre Père et Jésus-Christ notre seul Sauveur, c’est un don de sa part, le fruit de sa grâce. Comme tout ce que Dieu nous donne, recevons le avec reconnaissance et… vivons le, vivons en ! C’est d’ailleurs ce que déclarait, lors de la conférence constitutive de l’Alliance Evangélique, en 1846, le professeur Tholuck, de Halle en Allemagne : « l’unité substantielle de l’Eglise existe déjà et tout ce que l’Alliance Evangélique a à faire, c’est de la déclarer, de la manifester devant le monde ».

Ensuite, elle donne à des chrétiens de sensibilité différente la possibilité de se tenir, ensemble, devant Dieu, pour prier. Rassemblés au nom du Seigneur, c’est l’occasion de vivre la réalité de la communion fraternelle et goûter à sa présence. Que des chrétiens, d’une même ville ou d’une même région, se retrouvent à genoux devant Dieu est lourd de conséquences et riche de sens !

Enfin, à l’heure de la mondialisation, il n’est pas inutile de souligner les dimensions de cette semaine qui voit des millions de chrétiens s’unir dans la prière un peu partout en France, en Europe et dans le monde. Prendre conscience du Corps de Christ dans sa globalité, n’est pas un des moindres bénéfices de cette semaine de prière.

Cette année, nous sommes invités à fixer nos yeux sur Jésus, Emmanuel, Dieu avec nous ! Le monde dans lequel nous vivons n’a que trop tendance à le reléguer au rayon des mythes et des antiquités. Notre mission n’en est que plus importante : manifester, dans tous les domaines de la vie, la réalité de Jésus-Christ, unique moyen de salut pour l’humanité. La tâche peut paraître surhumaine, les vents contraires, mais le Seigneur nous dit « voici je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ! ». Cette Parole est vraie, qu’elle soit notre force !

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Dimanche 6 janvier

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Jésus – annonce, promesse et accomplissement

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Ecouter : Matthieu 1.20-23 ; 28.20b ; Jean 14.18-20.

Méditer :

La naissance miraculeuse de Jésus n’est pas présentée comme une hypothèse suggérée après coup pour expliquer sa divinité. Le fait est rapporté comme ayant Dieu pour auteur… Tout cela est arrivé parce que Dieu l’avait d’avance annoncé. Cet enfant qui naît, c’est EMMANUEL, Dieu avec nous. Il est un « signe » donné par le Seigneur lui-même, dans lequel il se cache et se révèle à la fois. Dieu s’est fait homme, il s’est incarné dans la personne humaine de Jésus sans cesser d’être Dieu. Ce Jésus n’est pas un homme divinisé, ni un dieu qui a pris une apparence humaine sans être vraiment homme ; il est à la fois vrai homme et vrai Dieu. Il passera aux yeux de tous pour « le fils de Joseph », mais, dans son humanité, il est Dieu avec nous. On ne peut séparer les deux noms de Jésus et d’Emmanuel : Jésus n’est « Sauveur » que parce qu’il est « Emmanuel ».

… Le dernier mot de l’Evangile est une promesse. Par là Jésus fixe le terme de l’Eglise : la « fin du monde » qui est l’avènement du Royaume. Tous les ordres donnés par le Seigneur sont en vue de cette fin (24.13-14). Tout est accompli par celui qui est venu pour « accomplir » et a été « fidèle comme Fils ». Il est venu et il viendra… Entre sa première et sa seconde venue, Christ ne délaisse pas ses disciples. Celui qui était et qui vient est aussi celui qui est ! « Je suis avec vous ! », est la parole du « Tout-Puissant » (Gn 17. 1 ; Ex 3.14-15). En Jésus, le Christ, c’est le Dieu de toute la Bible qui répète pour la dernière fois avant la fin des temps et jusqu’à ce qu’il vienne : « JE SUIS AVEC VOUS… ». L’Evangile s’achève par la parole même qui l’a inauguré : « Dieu avec nous ». Telle est l’espérance et la consolation dernière de l’Eglise qui sait en qui elle croit.

Hébert Roux
L’Evangile du Royaume, Labor et Fides, Genève, 1956, p. 27 et 295

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Lundi 7 janvier

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Jésus - unique parole et acte de Dieu pour notre salut

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Ecouter : Jean 10.11-18 ; Hébreux 1.1-4 ; 1 Jean 3.5,8

Méditer:

« Je suis le bon berger » : il n’est certes pas question ici des bergers et de leur métier en général, mais de Jésus-Christ seul… Le bon berger, non pas un bon berger, comme si Jésus se comparait à d’autres et apprenait d’eux ce qu’est un bon berger… Le fait qu’il est le bon berger, et non un berger parmi d’autres, apparaît immédiatement si l’on considère l’action insolite qu’il se prescrit à lui-même. Il ne s’agit pas de donner pâture, breuvage ou secours aux brebis, mais le bon berger donne sa vie pour elles. Cela n’est vrai que du bon berger…

Quand Jésus parle du don de sa vie comme d’un événement actuel, nous pouvons dire : toute cette vie était une marche vers la mort. Quand Jésus affirme qu’il meurt pour ses brebis, il faut voir dans cette mort la seule action définitive de salut accomplie pour le troupeau, une offrande libre, dépourvue de toute contrainte. Quand il déclare que la mort du berger est au bénéfice des brebis, cela n’exclut pas que Jésus soit mort pour tous les hommes. L’accent n’est pas mis ici sur le monde, mais seulement sur les bienfaits de la mort de Jésus envers son Eglise. Le bon berger et son Eglise ne font qu’un.

…Il connaît les siens. Cela paraît minime, c’est pourtant le plus important. Nous le mesurons quand nous pensons à ce que cela signifierait si Jésus ne nous connaissait pas, s’il nous disait : « Je ne vous ai jamais connus » (Mt 7.23).Ce serait notre fin, notre damnation. Nous serions séparés de lui pour l’éternité. C’est pourquoi être connu de Jésus signifie notre bonheur suprême, notre communion avec lui. Jésus connaît seulement ceux qu’il aiment, qui lui appartiennent, les siens. Il nous connaît comme des perdus, des pécheurs, qui ont besoin de grâce et la reçoivent… Quand nous nous savons connus ainsi par lui et par lui seul, il se donne aussi à connaître, et nous le connaissons comme celui à qui nous appartenons pour l’éternité… Reconnaître Jésus signifie reconnaître ce qu’il veut être pour nous et avec nous ; cela signifie aimer Dieu et les frères…

Ce n’est pas seulement pour le peuple élu que l’amour et la mort du bon berger ont une valeur…Jésus n’appartient pas qu’à nous. Cela est dit pour mettre l’Eglise en garde contre l’orgueil et pour la consoler… La communauté de Jésus sera réalisée quand tous entendrons sa voix.

Dietrich Bonhoeffer
Si je n’ai pas l’amour, Labor et Fides, Genève, 1972, p. 96ss

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Mardi 8 janvier

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Jésus – héraut du royaume qui vient

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Ecouter : Marc 1.15 ; Luc 4.16-28,42-44.

Méditer :

Chacun à sa manière, les trois Evangiles relèvent que, dès le début de son ministère, Jésus utilisait les mêmes termes que Jean Baptiste, comme le feront également les disciples plus tard (Actes 2.38)…

Le royaume – ou règne – et l’Evangile, sont des mots empruntés au langage politique. Si cela est évident pour le premier, nous sommes moins conscients du fait que l’Evangile signifie non pas n’importe quelle bonne nouvelle, mais bien une information publique importante proclamée par un messager… Si Jésus avait voulu se démarquer de l’intérêt pour la chose publique, il se serait gardé d’utiliser un tel vocabulaire… S’appliquant à lui-même la prophétie d’Esaïe, Jésus fait référence non seulement à un des textes les plus clairement messianiques, mais encore à celui qui recourt au langage le plus explicitement socio-politique… Par le recours à cette terminologie particulière, Jésus, comme Marie et Jean-Baptiste, annonçait l’instauration imminente d’un nouvel ordre social dont les signes distinctifs seraient la redistribution des richesses, la libération des opprimés et l'émergence d’une mentalité nouvelle (metanoia) chez ceux qui recevraient cette nouvelle…

L’année d’accueil par le Seigneur était certainement pour le prophète un événement particulier devant avoir lieu… Pour les auditeurs de Jésus, il est fort probable qu’elle était comprise en référence à l’année du Jubilé (Lévitique 25.8-22), époque à laquelle les inégalités accumulées au cours des années précédentes doivent être effacées.

…La nature de l’événement annoncé reste claire : il s’agit d’une restauration socio-politique et économique des rapports entre les membres du peuple de Dieu, accomplie par l’intervention de Dieu lui-même en Jésus-Christ, qui a été oint et revêtu de l’Esprit Saint…

Il proclame l’ouverture des temps nouveaux aux Gentils (païens). Les captifs et les opprimés mentionnés ne peuvent être réduits à Israël… La libération concerne tous les humains, et la réticence des habitants de Nazareth ne fera que hâter la proclamation de ce message à tous.

… Jésus n’était pas seulement un moraliste…, pas d’abord un maître spirituel…, pas uniquement un agneau sacrificiel…, ni un Dieu-homme dont l’essence divine nous pousse à négliger son humanité. De par sa vocation divine (de par la promesse, l’onction et la messianité), Jésus prophète, prêtre et roi était porteur d’une nouveauté possible dans les rapports humains, sociaux et par conséquent politiques. Son baptême inaugure cet ordre nouveau que les disciples sont appelés à partager et dont la croix représente le point culminant.

John Yoder
Jésus et le politique, Presses Bibliques Universitaires, Lausanne, 1984, p. 31ss

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Mercredi 9 janvier

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Jésus – source de la vie du disciple

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Ecouter : Jean 15.1- 17 ; Galates 2.20

Méditer:

Au moment d’appeler ses disciples, Jésus les a invités à marcher à sa suite, « derrière » lui (Mt 4.19), …puis à s’approcher, à se mettre « à côté » de lui (Mt 11.28). A la veille de sa passion, estimant ses disciples aptes à entendre autre chose de plus grand, Jésus se met à leur parler d’un lien d’une profondeur indépassable, à demeurer « en » lui… et lui en eux… Le lien qui apparaît ici avec Jésus est celui d’une inhabitation mutuelle, d’une communion tout à fait exceptionnelle, absolument unique… que Jésus éclaire en développant l’image du cep et des sarments…

Le lien profond qui unit le cep à ses sarments tient à la sève qui circule en eux. Jésus n’emploie pas le mot de sève, cependant, il fait un long développement sur l’amour, d’une manière qui évoque la sève, dans la mesure où il en parle comme circulant dans un seul sens : du Christ vers les disciples, et non en sens inverse… « Je vous ai aimés » dit à deux reprises Jésus (9,12), en utilisant le temps du passé qui exprime , non pas une réalité qui a pris fin, mais de durée indéterminée… Jésus ne demande rien pour lui en retour, soulignant la gratuité de son amour, comme la sève qui donne tout aux sarments sans retour. Ce que demande Jésus à ses disciples, ce n’est pas de l’aimer en retour, mais de diffuser l’amour vers les autres, de partager ce qui a été reçu de lui : « aimez-vous les uns les autres » (12,17)…

Heureux celui qui a soif de l’amour du Christ, comme le sarment a soif de sève !…

Heureux le disciple assez humble pour se souvenir qu’il ne produit rien, en réalité, et qu’il ne fait que porter ce que le Christ réalise en lui !…

Heureux celui qui se laisse émonder, purifier, pour que grandisse en lui l’œuvre du Christ !…

Il appartient au Père que les disciples soient en Christ. Il revient aux disciples de demeurer en lui, de durer dans ce qu’ils sont déjà par la grâce de Dieu… Demeurer, c’est persévérer dans l’amour, mais pas n’importe quel amour…, celui qui s’origine et s’achève dans le Père, qui se vit dans le Fils, qui est vivifié par l’Esprit et qui s’ouvre aux autres… Cela n’est pas de toute éternité, mais seulement depuis la croix, préparé depuis toute éternité et pour l’éternité.

Daniel Bourguet
Devenir disciple, Editions Olivétan, Lyon, 2006, p.81ss

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Jeudi 10 janvier

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Jésus – présent dans toutes nos détresses

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Ecouter : Marc 4.35-41 ; Rm 8.31-39 ; Hé 2.18 ;

Méditer :

Le centre de la foi chrétienne est la certitude que dans l’univers il existe un Dieu capable d’agir avec une puissance surabondante dans la nature et dans l’histoire… Le Dieu que nous adorons n’est ni un Dieu faible ni un Dieu incomplet. Il est capable de refouler de gigantesques vagues d’opposition, de niveler de prodigieuses montagnes de malice…

Plusieurs cherchent à nous convaincre que l’homme seul est puissant… D’autres forces nous font mettre en question la puissance de Dieu… Pourquoi, demandons-nous, ces choses arrivent-elles si Dieu est en mesure de les empêcher ?… Malgré la présence du mal et le doute qui se cache dans nos esprits, nous refusons d’abandonner la conviction que notre Dieu est puissant :

Il a le pouvoir de soutenir l’espace immense de l’univers physique…

Il a le pouvoir de maîtriser toutes les forces du mal. Disant cela, nous admettons la réalité du mal,… mais en même temps affirmons qu’il porte en soi le germe de sa propre destruction. L’histoire est la description des forces progressant avec une puissance apparemment irrésistible… Dieu peut vaincre les maux de l’histoire. Le contrôle ne lui est jamais ravi…

Il a le pouvoir de nous donner les ressources intérieures qui nous permettront d’affronter les épreuves et les fardeaux de la vie… L’adversité nous assaille avec la force d’un ouragan. Les aurores radieuses deviennent des nuits sombres ; nos plus beaux espoirs s’envolent et nos plus nobles rêves s’écroulent. Le christianisme n’a jamais négligé ces expériences inévitables… Mais il affirme que Dieu peut nous donner l’équilibre intérieur qui nous permet de rester debout au milieu des difficultés et des détresses de la vie. Il peut nous donner la paix intérieure dans les tempêtes extérieures… Il n’offre ni ressources matérielles ni formule magique qui nous exempterait de la souffrance et de la persécution, mais il nous fait un don impérissable : « je vous laisse la paix »… qui surpasse toute intelligence.

Nous croyons n’avoir pas besoin de Dieu, mais quand la tempête du désappointement fait rage,… que les vagues de la tristesse viennent battre contre nos vies, si nous n’avons pas la foi profonde et patiente nos vies impressionnables s’en iront en lambeaux.. S’il y a tant de déceptions dans le monde, c’est parce que nous nous sommes appuyés sur les dieux plutôt que sur Dieu… dieu de la science,… du plaisir,…de l’argent,…

Dieu seul est puissant. C’est la foi en lui que nous devons redécouvrir !…

Martin Luther King
La force d’aimer, Casterman, Paris, 1964, p.167ss

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Vendredi 11 janvier

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Jésus – le maître de ses témoins envoyés

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Ecouter : Luc 10.1-12 ,17-20 ; Jean 17.18.

Méditer :

L‘abaissement de Jésus exige qu’il soit soumis, comme tout homme, à l’espace et au temps et que sa puissance soit donc restreinte. Pourtant il reste souverainement libre de communiquer cette puissance à d’autres. Il ne s’en démunit pas, car il reste présent en eux avec sa force, même s’ils s’éloignent… De même qu’il appelle les hommes sous la domination de Dieu, en gardant lui-même un visage humain et des paroles humaines, de même il institue pour l’expansion de l’Eglise l’ordre selon lequel des hommes seront gagnés à l’Evangile, non par une force anonyme, impersonnelle ou mystique, mais par l’intermédiaire de simples messagers humains…

La défaite des puissances démoniaques et la force divine guérissante demeurent liées à la parole prêchée par de pauvres hommes, n’ayant rien à faire valoir que leur mission. Ils sont donc persuadés que la puissance par laquelle ils agissent, n’est jamais la leur… La présence de Dieu est la seule condition et la seule possibilité de leur action. Faute de mettre en elle leur entière confiance ils ne sauraient être apôtres. Mais dans cette confiance, ils deviennent les porteurs de la Bonne Nouvelle et, par eux, le Royaume s’étend au loin sur toutes les transactions humaines. Telle est l’offensive de ce nouveau roi : il fait valoir sa puissance par ses apôtres « jusqu‘aux extrémités de la terre », comme l’ont annoncé les prophètes…

La fonction du disciple est un ministère de héraut… Il ne demande pas à ses auditeurs si cela leur convient. Il se contente de déclarer : « Le Royaume de Dieu est proche de vous »… L’envoi des disciples dépend du Seigneur seul. Leur départ n’est pas lié à une option personnelle… Il n’est pas une pieuse entreprise humaine pour le Royaume de Dieu… Une prédication puissante présuppose un ordre du Christ comme fondement de son assurance… La parole des envoyés est un message de paix… L’action du messager se confond avec l’œuvre du Christ présent. Son accueil met tout en jeu.

Devant eux s’est ouvert un chemin de victoires où se révèlent autant la faiblesse de l’ennemi que la puissance de Dieu… Leur réussite dépend d’une victoire déjà remportée sur un autre plan… La situation céleste de Satan était celle de l’« Accusateur » ... La vie entière des disciples est une expression de la suprématie de la grâce.

Helmut Gollwitzer
La joie de Dieu, Presses Bibliques Universitaires et coll., 1983, (Delachaux et Niestlé, 1958), p. 93ss

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Samedi 12 janvier

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Jésus – présent et ignoré

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Ecouter : Matthieu 25.31-46

Méditer :

Pour beaucoup, le réveil est quelque chose d’assez spectaculaire qu’on attend pour aujourd’hui ou demain, oubliant que le réveil n’est pas une chose – la sanctification, la conversion des pécheurs, l’unité des croyants… - mais quelqu’un : le Christ qui est venu, qui est en nous, qui est là tout près, mais que nous ne saisissons pas, ou que nous ne voulons pas connaître comme il est…

Par les Ecritures, certes, nous entendons ses paroles, nous conservons sa doctrine. Mais sa personne, nous avons appris davantage à la contempler dans la gloire par la foi, qu’à la voir vivre au milieu des hommes de notre siècle. Nous employons la foi pour nous ouvrir une fenêtre au ciel, pour nous créer une vision imaginative de notre Dieu, pour nous évader à certaines heures de la terre, et nous croire déjà dans la gloire. Mais toute contemplation, toute extase qui n’est pas suivie d’une action parmi les hommes, est une séduction…

La foi qui nous a sauvés, en nous amenant à accepter la grâce de Dieu, devrait aujourd’hui nous servir davantage à découvrir le vrai visage du Christ, - ce Christ inconnu de la majorité des hommes qui se réclament de son Nom… La misère du témoignage chrétien réside essentiellement dans le fait que beaucoup de croyants, tout en conservant la connaissance des vérités chrétiennes, ont perdu de vue le pur exemple du Christ en qui la vérité ne fut jamais une théorie, mais trouva toujours son expression dans des actes envers les hommes… Sa doctrine, c’était sa vie, et sa vie, c’était sa doctrine…

La foi vivante en la personne et l’œuvre de Jésus-Christ ne peut pas ne pas produire des œuvres se manifestant avant tout par une soumission entière à sa volonté, par le fruit de l’Esprit dans le caractère, et par une obéissance à la Parole de Dieu dans les actes de la vie…

Le passage de Matthieu nous fait entrevoir un Christ inconnu, que les élus, même, n’ont pas conscience d’avoir vu ici-bas…

Chrétien rassasié depuis si longtemps, désaltéré au fleuve des eaux vives, confortablement installé dans le luxe de ta demeure, ou d’une connaissance qui enfle, richement vêtu, heureux et admiré, libre et entouré,… sais-tu qu’en ton pays, dans ta ville, dans ta famille, le Christ, ton Maître, a faim, a soif, vit en étranger à ta porte, est nu, est seul, malade et délaissé, est prisonnier et sans secours ?…

Gaston Racine
Le Christ inconnu, Edition d’auteur, Nice, 1958, p. 13ss

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Dimanche 13 janvier

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Jésus – et son Eglise

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Ecouter : Apocalypse 1.1-20 ; 2.7 ; 4.2 ; 5.13b ; Matthieu 18.20.

Méditer :

Ce que le Christ pense de l’Eglise est une question de grand intérêt pour tout chrétien. Ce que nous en pensons nous-mêmes en la voyant de l’intérieur, et ce qu’en pensent les autres avec un regard extérieur est aussi significatif. Mais le regard de Jésus-Christ lui-même est bien plus important puisqu’il est le fondateur, la tête et le juge de l’Eglise….

Par l’éloge et par la réprimande, par l’avertissement et par l‘exhortation le Christ révèle ce qu’il voudrait que soit son Eglise en tous lieux et en tout temps (représentée ici par ces sept Eglises locales situées dans la partie la plus peuplée, la plus opulente et la plus influente de la province romaine de l’Asie)… L’Eglise pouvait-elle survivre à la tempête qui était sur le point d’éclater ? La persécution n’était pas le seul péril auquel étaient exposées ces communautés. Il y avait aussi l’erreur : les faux prophètes et leurs philosophies hérétiques, et le péché : conduites immorales de plusieurs… Ces phénomènes n’étaient pas inexplicables : Jean reconnut leur source avec une perspicacité que nous avons un besoin urgent de retrouver aujourd’hui… Derrière l’apparence extérieure des Eglises d’Asie un conflit invisible faisait rage entre le Christ et l’Antichrist, entre l’Agneau et le Dragon… Le diable menait sa bataille contre l’Eglise du Christ sur plusieurs front… Il en a été de même à chaque époque…

Une Eglise qui est dos au mur et qui se bat pour survivre a besoin de plus que de l’exhortation morale et de pieuses supplications ; elle a besoin de voir le Christ. Un livre de l’histoire du monde en chiffres (ainsi que certains considèrent le livre de l’Apocalypse) est d’un piètre réconfort en comparaison avec une vision du Christ exalté. Le livre entier le concerne et personne ne peut le lire sans en tirer une vision plus claire du Christ. Dans ce premier chapitre Jésus-Christ est présenté avec trois titres majestueux, auxquels s’ajoute l’exposé de ses exploits passés et de ses victoires à venir…

Le but de cette vision n’était toutefois pas l’édification personnelle de Jean… Elle était pour l’Eglise entière… C’est l’Eglise de Jésus-Christ (Mt 16.18),…il la connaît intimement,… il marche au milieu d’elle… Il lui dit ce qu’il en pense… Et il lui annonce : « Oui, je viens bientôt ! » Ap 22.20).

John Stott
Le regard du Christ sur l’Eglise, Editions Excelsis, Cléon d’Andran, 1999, p. 4ss

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