Les églises évangéliques en France

Texte de la semaine de prière 2009

__________________________________________________________

Pourquoi la Semaine Universelle de Prière de l’Alliance Evangélique. Pour plus d'infos
Les textes de la semaine de prière 2010 seront en ligne fin décembre 2009

__________________________________________________________

Introduction

A l’aube d’une nouvelle année qui verra un peu partout se multiplier conférences et colloques célébrant le 500e anniversaire de la naissance du Réformateur Jean Calvin, nous sommes invités à nous mettre à l’école de ces « héros de la foi » dont l’épître aux Hébreux, et en particulier le chapitre 11, nous brosse le portrait. Ce choix a le grand mérite de nous recentrer sur les principes fondateurs de la Réforme qu’une lecture attentive de l’épître exprime bien et qui sont résumés par la formule latine : Sola gratia, sola fide, sola scripura, solus christus (Par la grâce seule, par la foi seule, l’Ecriture seule, le Christ seul). Nous sommes donc appelés à nous laisser instruire par leur exemple et plus particulièrement par la capacité que ces hommes et femmes ont eue : celle de faire confiance à leur Dieu, de croire ce qu’il disait, de fonder leur existence sur sa Parole. Cette contemplation, loin de nous déprimer et de nous dévaloriser, doit au contraire nous stimuler ; elle doit nous inciter à faire nôtre cette prière : « Seigneur, augmente nous la foi ». Chaque jour, vous serez amenés à lire un passage du chapitre 11 de l’Epître aux Hébreux suivi d’un bref commentaire. Les sujets de prière proposés ne sont bien évidemment pas limitatifs mais ils pourront utilement aider à structurer ce temps que vous allez -mettre à part, en ce début d’année, pour prier. A votre façon, vous aussi, vous vous inscrirez alors dans cette succession d’anonymes, qui depuis 1847, année des premières rencontres de prière organisées par l’Alliance Evangélique, se retrouvent début janvier pour prier.

Stéphane Lauzet

PS : Année Calvin oblige, chaque jour, une citation de Calvin illustre le texte biblique. Par ailleurs, une question est proposée pour faire connaissance avec le Réformateur de Genève. Les quelques lignes qui lui sont consacrées vous donneront, nous l’espérons, le goût d’aller plus loin dans la découverte de celui que Daniel Rops décrivait comme faisant partie du « très petit groupe de maîtres qui… ont façonné de leurs mains le destin du monde ».

__________________________________________________________

Dimanche 4 janvier 2009

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Trouver le fil conducteur

Lire et méditer :

Hébreux 11. 1-3 et 1 Corinthiens 2.10-16.

Nous disons «je crois» telle chose, sans en savoir plus, ou parce qu’une illusion nous arrange («l’opium du peuple» de Karl Marx) ou que nous préférons nous cramponner à un fétu de paille plutôt que de refermer notre main sur le vide...
Les personnages bibliques, eux, ont vécu leur foi comme une certitude qu’ils n’ont pas dû se fabriquer eux-mêmes ; ils exprimaient là une conviction qui leur fut donnée par Dieu lui-même. Pour croire, ils n’avaient ni ne recherchaient de preuves venues de l’extérieur. C’est dans leur for intérieur qu’ils expérimentaient le témoignage de Dieu (1 Jean 5.9-11). Pour eux, Dieu n’était pas simplement l’objet de leur croyance, «quelque chose» qu’on croit. Au contraire, Dieu se manifestait à eux comme «celui qui fait naître la foi et qui la rend parfaite» (Hébreux 12.2). Ils reconnaissaient en lui la cause qui éveillait et soutenait leur foi. .
Pour eux, c’était une évidence de CROIRE EN LUI ou, pour être plus précis et personnel, de LE CROIRE, LUI.
Le Nouveau Testament n’affirme pas seulement que Dieu se révèle à nous par sa création et en nous par la conscience (Romains 1.19-21), mais aussi que, dans la rencontre avec Jésus-Christ, nous sommes subjugués par son amour au point de faire germer et croître en nous la foi, la confiance en lui (voir Jean 1.9-12). De cette relation offerte par Dieu lui-même, découle une façon toute nouvelle de voir les choses. Nous découvrons que le monde et notre existence sont un don de Dieu qui nous ramène à LUI. Cette communion avec Dieu, d’une part, nous affranchit de l’asservissement aux choses matérielles et, d’autre part, nous donne la liberté d’user du monde comme création divine et de le gérer pour sa gloire (Genèse 2.15).

Louer et remercier :

Notre Père céleste, le créateur, qui donne des dons et appelle à des responsabilités
Notre Seigneur Jésus-Christ, l’auteur de la foi et qui la mène à son accomplissement

Prier et intercéder :

Pour la réception de la foi et son accroissement, la certitude du salut et la persévérance
Pour l’enseignement et la formation, biblique et théologique
Pour notre comportement responsable envers la création

Nous avons donné la première place à la doctrine, en matière de religion, puisqu’elle est le commencement de notre salut ; mais pour être utile et fructueuse, elle doit entrer entièrement dans notre cœur et manifester sa puissance dans notre vie pour transformer notre nature.
Calvin - Institution, III, vi, 4

Qui est Jean Calvin ?

Jean Cauvin, dit Calvin (1509-1564), est né à Noyon en Picardie. Il est Français et, une génération après Martin Luther, organise la Réforme. Epuisé et de santé fragile, il meurt à Genève en 1564.

__________________________________________________________

Lundi 5 janvier 2009

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Plaire à Dieu

Lire et méditer :

Hébreux 11. 4-6 et Romains 3.21-28.

Pourquoi Dieu a-t-il accepté le sacrifice d’Abel et rejeté celui de son frère ? Certains voient un rapport entre le sacrifice d’animaux et les peaux dont Dieu a revêtu Adam et Eve après la chute en remplacement des feuilles de figuier (3.7,21). Abel aurait-il suivi une «tradition» divine, tandis que Caïn aurait choisi de rencontrer Dieu à sa manière ? (Genèse 4).
Quelle que soit l’interprétation des sacrifices offerts par les deux frères dans le contexte de l’époque, la signification de cet épisode présentée par la lettre aux Hébreux est bien plus profonde. Elle nous rend attentifs à l’attitude intérieure d’Abel : «c’est par la foi». Autrement dit, même les sacrifices les plus «justes» manqueront leur objectif, si le cœur n’y est pas (Esaïe 1.11-17). Nous n’impressionnerons jamais Dieu avec nos actions, car il attend de nous que nous lui ouvrions notre cœur pour entrer dans une relation de confiance avec lui. C’est ainsi qu’Abel, longtemps avant Abraham (Genèse 15.6), obtint le témoignage «qu’il était juste», de même Hénok, «qu’il était agréable à Dieu». Si, à l’instar d’Hénok, nous nous demandons comment «vivre en communion avec Dieu» (5.21-24), il n’y a pas d’autre voie que «par la foi», en lui confiant notre vie. La foi et la confiance d’Hénok ont tellement plu à Dieu qu’il a été pris «directement» auprès de lui. Cette espérance de la gloire céleste peut aussi être la nôtre (1 Thessaloniciens 4.13-18).
Le même fait est mis en évidence dans les rencontres des personnes avec Jésus, rapportées par les Evangiles. Ou le Seigneur approuve et loue la foi de ceux qui viennent à lui (Matthieu 8.10-11), ou il est attristé du peu de foi, voire de l’incrédulité de son entourage (8.26 : des disciples ; 13.58 : des inconnus).

Louer et remercier :

Pour le don d’être déclaré juste devant Dieu par la foi

Prier et intercéder :

Pour être gardé dans la foi et savoir veiller sur nous-mêmes
Pour que la foi soit visible dans ma vie
Pour l’unité des chrétiens
Pour les mouvements de prière près de nous et dans le monde

Car la satisfaction d’être maître à bord est la pire peste qui puisse atteindre les hommes pour les perdre et les couler ; aussi l’unique havre de salut est-il de ne pas être sage à ses propres yeux, de ne rien attendre de soi, mais seulement de suivre le Seigneur.
Calvin - Institution, III, vii, 1

Quel est le parcours de Jean Calvin ?

Le père de Jean Calvin souhaitait qu’il devienne prêtre mais finalement il l’oriente vers le droit. Sa pensée sera marquée par l’importance de la Loi. Il se tourne plus tard vers la théologie et les lettres. Il apprend le grec et l’hébreu.

__________________________________________________________

Mardi 6 janvier 2009

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Agir avec courage

Lire et méditer :

Hébreux 11. 7-8 et Hébreux 11. 29 et 32, ainsi que Luc 5.1-8. ]

Par rapport à nos expériences quotidiennes, la réponse de Jésus à l’appel des disciples : «Seigneur, donne-nous une foi plus grande !» prend une tournure franchement utopique : pour lui, même une foi «aussi petite qu’une graine» suffit pour déraciner un arbre et le planter dans la mer (Luc 17.5-6).
Avant de nous résigner avec ceux qui désespèrent de leur manque de foi, nous ferions bien d’examiner de plus près et les histoires de l’Ancien Testament et la réponse de Jésus. La «performance» de la foi d’un Noé ou d’un Abraham n’a pas consisté à se surpasser dans de gros efforts «pour réaliser de grandes choses par la foi». En fait, ils n’ont d’abord rien fait, tout en poursuivant naturellement leur vie habituelle, jusqu’au moment – point décisif ! – où Dieu leur a parlé très personnellement et les a appelés à faire ce qui les a rendus «célèbres». Comment allaient-ils réagir ? Allaient-ils repousser les paroles de Dieu comme pure fantaisie pour rester «bien tranquilles» dans leur routine quotidienne ? Ou allaient-ils prendre le risque de mettre en œuvre la mission de Dieu ? Leur décision a fait d’eux des exemples d’une foi prête à obéir à la voix de Dieu et à agir en conséquence.
Que retenir de cela ? Méditons la parabole du serviteur qui ne fait que son devoir (Luc 17.7-10). Apprenons à agir pratiq-uement, dans une obéissance confiante, que ce soit pour une «grande» chose ou un acte «insignifiant» (cf. Philippiens 2.13-14). Et si nous devions nous trouver encore «désœuvrés», la prière du prophète pourrait nous mettre en mouvement : «Me voici, envoie-moi !» (Esaïe 6.8).

Louer et remercier :

Pour le plan de Dieu pour le salut des hommes
Parce que Dieu se sert de nous pour écrire l’histoire

Prier et intercéder :

Savoir écouter Dieu dans le silence
Avoir de la détermination et du courage, un esprit bien disposé et obéissant, une vie consacrée
Pour permettre à Dieu de se servir de chacun de nous
Pour le réveil de nos Eglises
Pour les activités importantes d’évangélisation et de mission

Persévérons et progressons régulièrement sur la voie du Seigneur. Ne perdons surtout pas courage, si nous n’avançons qu’un petit peu. Bien que cela ne corresponde pas à notre souhait, tout n’est cependant pas perdu, si aujourd’hui est mieux qu’hier. Tendons seulement vers le but avec un cœur pur et droit et efforçons-nous de l’atteindre !
Calvin - Institution, III, vi, 5

Pourquoi Jean Calvin quitte-t-il la France?

La vie politique de la France détermine la suite de la vie de Calvin. Il est à Paris quand éclate en 1534 l’affaire des Placards. Il quitte alors la France et se réfugie à Bâle.

__________________________________________________________

Mercredi 7 janvier 2009

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Où l’impossible devient possible

Lire et méditer :

{Hébreux 11. 11-12 et lire aussi : Jean 20.24-29.

Que se passe-t-il quand Dieu vient nous surprendre par un «cadeau incroyable» ? C’est sans doute moins l’attente heureuse de l’enfant tant espéré qui a fait rire Sara (Genèse 18.10-15) que le sentiment étrange de surprise, d’incompréhension et de perplexité. Impossible ! Devenir mère à 90 ans avec un mari de 100 ans ? Ici nous apprenons que même les «héros de la foi» n’ont pas fonctionné comme des robots spirituels qui s’exécutent tout bonnement parce que Dieu a parlé. Ils demeurent des êtres de chair qui, confrontés à sa volonté, posent des questions, doutent, voire résistent. Il est rassurant pour nous de savoir que les voies de Dieu sont nettement plus élevées que les nôtres (Esaïe 55.8-9), mais ce fait signifie en même temps qu’il nous est très difficile d’intégrer simplement les pensées divines dans notre quotidien. Par la fascinante nouveauté créée, elles bouleversent nos repères et le cours de notre vie. Quand, enfin, tout se réalise heureusement, nous nous réjouissons de ce que Dieu a accompli. Mais au départ, comme Sara, nous avons peut-être ri ; comme Thomas, nous avons peut-être douté. Manifestement, Dieu est patient avec nous et sait nous «convaincre» (Jérémie 20.7). Alors, ne soyons plus dans la honte pour avoir ri, ne faisons pas comme si nous avions toujours tout su. Certes, Dieu a rappelé à Sara qu’elle avait ri, non pour l’humilier, mais pour l’aider à passer de l’incompréhension à la joie. Chaque fois, par la suite, qu’elle a appelé son fils, son seul nom a dû lui rappeler comment Dieu l’avait libérée de l’incrédulité pour la faire entrer dans la foi. Alors, pleine de joie, elle a dû rire d’elle-même.

Louer et remercier :

Pour le regard reconnaissant sur notre passé
Parce que Dieu ne repousse pas celui qui doute
Notre manque de force ne fait pas échouer les plans de Dieu
Pour la bonté de Dieu dans tout ce qu’il fait

Prier et intercéder :

Que Dieu nous conduise du doute à l’émerveillement
Que nous soyons bienveillants et compatissants envers les autres
Pour les pays et régions en guerre et en danger dans le monde

Les croyants seraient désespérément malheureux s’ils ne fixaient pas leur pensée en haut, afin de surmonter tout ce qui est dans le monde et de regarder au-delà des choses présentes… S’ils considèrent la puissance de la résurrection de Christ, la croix triomphe finalement dans leur cœur sur le diable, la chair, le péché, la mort et les injustes.
Calvin - Institution, III, ix, 6

Sur quoi se base l’œuvre de Jean Calvin ?

Jean Calvin se nourrit de la Bible sur laquelle il fonde toute sa réflexion. Ecrivain infatigable, il écrit une dizaine d’ouvrages et notamment de nombreux commentaires bibliques.

__________________________________________________________

Jeudi 8 janvier 2009

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Buter sur nos limites

Lire et méditer :

Hébreux 11. 35-40.

Le présent texte nous montre comment Abraham fut conduit à renoncer à lui-même et à s’abandonner à Dieu. Sacrifier son propre fils ! Mais peut-on, un instant, imaginer que Dieu a exigé un tel acte ? En vérité, la pensée d’une chose aussi atroce et inhumaine est totalement incompatible avec le Dieu de la révélation biblique : il a toujours réprouvé avec force de telles pratiques païennes (voir Jérémie 7.30-31). Alors, pourquoi une telle épreuve ?
Ce qui, aujourd’hui, nous paraît incompréhensible dans cet épisode, s’explique par le contexte de l’époque où l’on sacrifiait tout à des dieux conçus par les hommes. Il s’agit donc là d’un signe fort pour souligner que le don de soi au Dieu véritable, qui est un Dieu d’amour, n’a pas pour fin la mort mais la vie. Adressé dans le langage cruel des contemporains d’Abraham, ce signe était destiné à leur ouvrir les yeux sur la vraie nature de Dieu qui veut la vie et non la mort. Ainsi, le signal fut donné dans ce monde, préfigurant, selon la lettre aux Hébreux, la résurrection accomplie par Jésus-Christ.
Avec une telle espérance, il n’existe plus de sombre vallée, de situation sans issue. «Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-dessus de vos forces. Quand vous serez tentés, Dieu vous donnera la force de le supporter et le moyen d’en sortir» (1 Corinthiens 10.13). Avec cette espérance – l’attente de la gloire éternelle auprès de Dieu (cf. Hébreux 11.13-16) – beaucoup ont enduré des persécutions. Ils étaient sûrs que rester fidèle à Dieu et se livrer à lui avec confiance, n’était pas perdre la vie avec ses avantages, mais obtenir la vie véritable, la vie éternelle dans la gloire et l’amour de Dieu.

Louer et remercier :

Car Dieu accomplit fidèlement ses promesses
Si Dieu demande beaucoup de notre part, jamais il n’exige trop de nos forces
Dieu est pour la vie, et non pour la mort

Prier et intercéder :

Demeurer fidèle, obéissant, dévoué à Dieu,
Pour les personnes qui passent par des épreuves dures
Pour les chrétiens persécutés dans le monde

L’Ecriture loue les saints pour leur courage quand, affligés par des maux très durs, ils ne s’effondrent pas, quand remplis d’amertume, ils éprouvent une joie spirituelle, quand étreints d’angoisse, ils n’en respirent pas moins et se réjouissent de la consolation de Dieu.
Calvin- Institution, III, viii, 10

Quelle est l’œuvre majeure de Jean Calvin ?

Jean Calvin a écrit un monument théologique en 1536 : L’institution de la religion chrétienne. Comme son prédécesseur, Martin Luther, il parle de salut gratuit et expose les éléments de la foi chrétienne : le Décalogue, le Credo, le Notre Père. Il ne reconnaît, lui aussi, que deux sacrements : le baptême et la cène.

__________________________________________________________

Vendredi 9 janvier 2009

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Transmettre la bénédiction

Lire et méditer :

Hébreux 11. 20-23 et Psaume 78.1-8.

Nous avons évoqué la foi comme espérance de la vie éternelle. Assurément, c’est la véritable origine de l’espérance selon la Bible. Or, contrairement à l’opinion courante, cette espérance n’éloigne pas du monde. En effet, en nous libérant de la peur de la mort (Hébreux 2.14-15), elle ouvre l’accès à une existence nouvelle dès ici et maintenant. Aussi paradoxal que cela paraisse, c’est bien cette assurance de la vie éternelle qui donne le sens à la vie et la remplit d’espérance, dépassant même l’horizon de notre génération. «La personne qui respecte le Seigneur est en sécurité, car il protège ses fils» (Proverbes 14.26).
C’était l’assurance des patriarches et elle devrait encore inspirer les chrétiens d’aujourd’hui. Aussi, ne nous plaignons pas que «les temps deviennent toujours plus mauvais». Cette attitude est d’ailleurs absurde, car les conditions de vie se sont, dans l’ensemble, améliorées. Mais comprenons que, par de tels propos, nous assombrissons l’horizon de nos enfants. En fait, ceux que nous considérons comme des modèles dans la foi ne se sont pas fait d’illusion : ils n’attendaient pas, pour leurs enfants, un avenir plus facile grâce aux progrès de leur société. Mais ils regardaient à Dieu qui, lui, avait donné un contenu, un sens et une liberté nouveaux à leur existence. Dieu serait donc toujours le même pour leurs enfants après eux.
Voilà ce qui peut et doit nous motiver à développer et pratiquer, par la foi, une culture de la bénédiction. Prions avec confiance pour nos enfants et pour les générations suivantes et encourageons-les à mettre leur confiance en «notre» Dieu. Il les bénira et aplanira la route devant eux, tout comme il l’a fait pour nous, abondamment.

Louer et remercier :

Pour la fidélité et la constance de Dieu, parce qu’il est digne de confiance et ne change pas
Dieu est proche de nous à tous les stades de notre vie et de l’histoire des hommes
Dieu veut bénir chaque génération
Dieu est un abri sûr pour tous

Prier et intercéder :

Pour la génération montante qui nous succédera
Pour des modèles forts et spirituels ; pour des mères et des pères dans la foi
Pour le courage de vivre et de rendre témoignage à la foi
Pour une culture de la bénédiction.

L’Ecriture, pour nous convaincre, nous montre que tous les biens que nous avons reçus du Seigneur nous ont été confiés, à condition que nous les utilisions pour le bien commun de l’Eglise. Car l’usage légitime de ces bienfaits consiste en une solidarité amicale et généreuse avec nos prochains.
Calvin - Institution, III, vii, 5

Quelle est l’originalité de la pensée de Jean Calvin ?

La pensée de Calvin est théocentrique et la formule latine « soli deo gloria » (à Dieu seul la gloire) la résume bien. Il remanie plusieurs fois son ouvrage majeur L’Institution qu’il traduit du latin, langue originale, en français contribuant ainsi au développement de la langue française.

__________________________________________________________

Samedi 10 janvier 2009

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Etre conséquent

Lire et méditer :

Hébreux 11. 24-28 et Romains 12.1-2.

Le texte de ce jour est exemplaire de la manière dont la bénédiction mentionnée hier se réalise concrètement. Il est question d’un homme qui, dès son plus jeune âge, a été séparé de la maison paternelle et a grandi dans un environnement étranger. Va-t-il, dans cette situation difficile, perdre tous ses repères ?
On pourrait penser qu’un tel homme, couvert de tous les privilèges d’une famille royale par les circonstances de la vie, ne se priverait pas d’en profiter au maximum. Eh bien non ! En réalité, cet homme, tellement envié pour sa «chance», prend conscience de la vanité de cette richesse et de l’apparat de cette cour. Ce n’est pas là qu’il trouve la vie véritable. Au contraire, il la découvre dans la vocation de son peuple, choisi depuis Abraham pour une vie de communion avec Dieu. Appartenir à ce peuple, participer aux promesses qu’il a reçues, devient à ses yeux la raison de vivre et va déterminer sa carrière. Pour cela, il sera d’abord amené à fuir, afin de s’abaisser et de prendre part à la misère et à l’oppression de son peuple et de pouvoir ensuite conduire celui-ci vers la liberté, par la volonté de Dieu.
Moïse ne s’est pas laissé piéger par les privilèges de son rang, mais il est revenu à ses racines. Ainsi s’est ouvert devant lui un avenir marqué par la présence de Dieu. Le respect de Dieu l’a affranchi de la peur et de la dépendance des hommes dont la faveur trompeuse ne peut apporter la vie véritable. Ce chemin lui a fait retrouver sa vraie patrie, les racines d’où vient la force vive.

Louer et remercier :

Pour les plans de Dieu, sa souveraineté et sa toute-puissance
Pour la fidélité et la bonté de Dieu envers son peuple
Pour les fondements et l’enracinement de notre foi

Prier et intercéder :

Pour recevoir la sagesse, le discernement et la capacité de prendre les bonnes décisions.
Pour le courage, l’espérance, la sainteté, attachés à l’appel de Dieu
Pour ceux qui ont perdu la bonne direction
Contre la confusion spirituelle et morale de notre temps

Le chrétien doit adopter une attitude qui permet de voir la présence de Dieu dans toutes ses affaires. Si telle est bien son intention, il pensera à lui rendre compte de toutes ses actions, il lui soumettra ses projets et pensera à lui en toutes occasions. Car celui qui se préoccupe de Dieu dans toutes ses activités détourne son esprit de toute réflexion vaine.
Calvin - Institution, III, vii, 2

Pourquoi Jean Calvin est-il allé à Genève ?

Jean Calvin doit se rendre à Strasbourg. Diverses circonstances l’obligent à changer de route. Il passe par Genève où il rencontre Guillaume Farel qui lui demande de rester. Après plusieurs péripéties, il est obligé de quitter la ville. Il y reviendra en 1541 après s’être marié. C’est à Genève qu’il obtient une reconnaissance internationale. Il soutient les protestants de France dont beaucoup émigrent à Genève.

__________________________________________________________

Dimanche 11 janvier 2009

----------------------------------------------------------------------------------------------------------

Voir l’avenir

Lire et méditer :

Hébreux 11. 30-31 et Hébreux 12.1-3.

La conquête de Jéricho par Josué n’est pas un sujet facile. Dieu serait-il partial ? Pourquoi les uns doivent-ils mourir pour laisser le pays à d’autres ? Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais plutôt qu’il se convertisse et vive (Ezéchiel 18.31-32). L’exemple de Rahab montre que même lorsque Dieu a déjà déclenché le jugement, il reste encore une possibilité de «faire demi-tour» et d’être sauvé. Jésus a dit un jour que dans le royaume des cieux les prostituées précéderont les propre-justes (Mt 21.31-32). Il en va de même ici. Rahab prend conscience du sens de l’arrivée des Israélites : le jugement de Dieu va s’abattre sur sa ville décadente, elle doit en tirer les conséquences. Les autres habitants de Jéricho sont qualifiés de «rebelles», ce qui veut dire qu’ils n’ont pas tenu compte des signes des temps pour leur salut. On peut être choqué du pieux mensonge de Rahab (Josué 2.4-6), mais sa prise de position nette en faveur du plan de Dieu lui a valu une place d’honneur parmi les «témoins de la foi» de la lettre aux Hébreux.
Si ce texte de l’Ancien Testament peut nous sembler contredire l’amour de Dieu, écoutons cette parole : «Celui qui croit au Fils, a la vie éternelle ; celui qui ne se confie pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui» (Jean 3.36). Dans le Nouveau Testament aussi le jugement est l’arrière-plan solennel à l’amour de Dieu qui voudrait tant nous préserver de celui-ci, par Jésus-Christ (cf. Romains 5.8-10). Dans son contexte historique, le récit de Rahab est une leçon pour nous qui sommes confrontés, par le Christ, aux réalités éternelles. Ainsi, avec courage, nous devrions nous séparer de tout péché et de toute injustice de ce monde et accueillir le salut en Jésus-Christ.

Louer et remercier :

Dieu dans sa sainteté et sa justice, pour son amour et sa grâce

Prier et intercéder :

Pour le renoncement à l’injustice et au péché et un retour à Dieu
Pour la sanctification, un témoignage clair de la foi
Pour une prise de position ferme de la volonté divine
Pour notre environnement naturel, les effets de la mondialisation, la crainte de l’avenir
Pour les hommes pécheurs

Si le ciel est notre patrie, la vie sur la terre n’est-elle pas la traversée d’une terre étrangère ? … Si la vie terrestre est comparée à la vie céleste, il n’y a aucun doute qu’elle peut être méprisée et estimée comme moins que rien. Mais nous ne devons jamais la haïr, sauf parce qu’elle nous maintient esclaves du péché, même si elle n’y est, à proprement parler, pour rien.
Calvin - Institution, III, ix, 4

Quels sont les autres aspects de l’œuvre de Jean Calvin ?

Organisateur de la « République de Genève », il en rédige les Édits civils en 1543, qui serviront de constitution. Il structure l’Eglise par les Ordonnances ecclésiastiques, le catéchisme, et la forme des prières c’est-à-dire la liturgie.


Ce site est référencé sur le
Top Chrétien Francophone
Les églises évangéliques en France