
Etant historien, je ne peux pas
aborder notre question dun point
de vue purement dogmatique ou
théologique. Disons plutôt que je
suis profondément convaincu du
fait que tout discours théologique
sélabore dans un contexte donné.
Cela ne signifie pas que le contexte
a le dernier mot ou quil détermine
le sens final de nos discours
mais il joue un rôle important. Il
y a cinquante ou cent ans, on
naurait pas posé de manière
publique la question dun dialogue
éventuel entre catholiques et
évangéliques. Il est clair que les
temps ont changé. Mais ce changement
de contexte, nous permetil
la possibilité dun dialogue jadis
inimaginable ou bien nous tendt-
il un piège quil vaudrait mieux
éviter ?
Je voudrais commencer en nous
rappelant le sérieux et la gravité
de la rupture de la Réforme au
16e siècle. Les désaccords furent
réels et profonds.
Prenons comme exemple le texte
suivant de Martin Luther, devenu
article de foi pour les Eglises
luthériennes : un rejet catégorique
de plusieurs éléments fondamentaux
de la foi catholique :
La messe (cest-à-dire leucharistie)
doit être considérée comme
la pire et la plus horrible abomination
du papisme
Elle a été la
plus belle des idolâtries papistes.
Et puis, en ce qui concerne le
pape, Luther est encore plus polémique
:
Il sensuit que tout ce que le pape
a fait et tout ce quil a entrepris
en vertu dune telle puissance
usurpée, frelatée, sacrilège et blasphématoire,
na été et nest encore
quévénements et affaires diaboliques
en vue de ruiner
la
sainte Eglise chrétienne
.
Car le règne de la papauté, cest,
à proprement parler, de mentir et
dassassiner, et de causer la perdition
éternelle des corps et des
âmes, comme je lai prouvé dans
beaucoup de livres.
En réponse, le catholicisme du 16e
siècle, par les décrets du Concile
de Trente, sest défini théologiquement
contre les thèses protestantes
:
Les malheurs des temps ont été si
grands et la malice des hérétiques
si invétérée que rien na jamais
été si clair dans laffirmation de
notre foi ou si nettement décrété,
que poussés par lennemi du genre
humain, ceux-ci ne laient souillé
de quelque erreur.
Si quelquun dit que, par le sacrifice
de la messe, on commet un
blasphème contre le très saint
sacrifice du Christ accompli sur
la Croix ou quil en constitue un
amoindrissement : quil soit anathème.
Lhistorien que je suis reste sensible
au fait que ces discours théologiques
ont été élaborés dans un
contexte de conflit extrême.
Luther avait déjà été excommunié
lorsquil commencé à parle du
pape comme de lAntichrist. Les
décrets du Concile de Trente
sécrivent après ou pendant les
guerres entre catholiques et protestants
en Suisse et en
Allemagne. Des armées ont été
mobilisées pour « défendre » la
bonne doctrine de part et dautre.
Des milliers de martyrs (luthériens,
réformés, anabaptistes, anglicans,
catholiques) ont donné leur vie
pour affirmer lorthodoxie de leurs
confessions de foi. Des désaccords
dont les frontières sont
écrites par et dans le sang ne sont
pas faciles à surmonter.
Ne loublions donc pas : nos confessions de foi, nos identités théologiques ont été élaborées en grande partie contre lautre, dans un contexte de conflit, contre lennemi, contre celui qui est prêt à nous condamner à mort. Un protestant nest pas catholique, son identité sélabore en bonne partie pour prouver quil a raison et que lautre a tort. Un catholique ne peut pas accepter le schisme, lhérétique protestant a par définition tort. Quand un discours devient identitaire ou auto justifiant à ce point-là, jai du mal à imaginer que le péché ne sy glisse pas de temps en temps, dans tous les camps concernés.
LEglise catholique peut-elle changer ? LEglise catholique a-t-elle changé ?
Nous le savons bien : lEglise catholique est une machine, un système qui ne change pas, qui se définit comme ayant toujours raison, qui ne peut pas se tromper, dont le but ultime de tout dialogue est de nous ramener tout droit au berceau.
Même les textes les plus récents, datant du concile Vatican II, laffirment :
Pour établir son Eglise sainte de façon ferme partout jusquà la consommation des siècles, le Christ a confié la charge denseigner, de gouverner et de sanctifier au collège des Douze. Parmi eux, il choisit Pierre, sur lequel, après sa profession de foi, il décida dédifier son Eglise peu à peu, tous les chrétiens seront rassemblés dans une seule et même célébration eucharistique, dans lunité de lEglise une et unique, unité dont le Christ a doté son Eglise dès le commencement.
Lecclésiologie catholique confère un but précis au dialogue. Le but ultime du mouvement oecuménique est le rétablissement de la pleine unité visible de tous les baptisés.
A partir de telles constatations, peut-on, de manière réaliste, prétendre que le dialogue avec les catholiques a un sens ? Evidemment, je pense que oui. Dans la suite de mon exposé, je vais essayer dexpliciter les raisons de ma propre position.
Premier constat : la doctrine cathholique ne change pas mais se développe.
Ses changements sinscrivent toujours dans une certaine continuité. Elle ne renie jamais les affirmations du passé, les dogmes une fois promulgués sont intangibles, on ne peut pas les retirer, car se serait se renier, mais on reconnaît que, si le dogme est indéfectible, il est perfectible on peut mieux lexpliquer, mieux lexpliciter, lui donner une meilleure formulation On peut dégager son intention profonde en lactualisant (Alain Nisus, p. 5).
Dans mes cours dHistoire de lEglise, nous examinons les grands conciles : Nicée, Chalcédoine, Latran IV (1215), Trente (milieu du 16e), Vatican I, Vatican II. Pour ceux qui prennent le temps de le voir, ces conciles démontrent bien une dialectique entre continuité et changement.
Depuis la Révolution française, lEglise catholique a pris des coups durs. Pendant le 19e siècle, elle a été plutôt réactionnaire. Mais, après les deux guerres mondiales, le communisme et le nazisme, le concile Vatican II représente un changement important dans la continuité. Si lEglise catholique reste une « machine », elle ne roule pas dans les mêmes conditions. Elle a perdu une partie importante de ses privilèges dans beaucoup dendroits du monde et a changé dattitude à plusieurs égards. Ces changements ne rendent pas forcément plus acceptables le coeur du dogme catholique, mais ils permettent un dialogue et une confrontation qui étaient autrefois impossible. Quels sont ces changements ?
Dabord et tout simplement, le désir manifeste dentrer en dialogue avec dautres chrétiens, Même sil y a toujours eu des catholiques « ouverts » et les positions avaient déjà commencé à évoluer auparavant, le Concile du Vatican II représente un changement réel et fondamental à cet égard précis. LEglise de Rome appelle ses évêques, ses prêtres et ses laïcs à sengager sur le chemin de loecuménisme. Cest un enseignement sérieux et réel qui a été suivi deffet. ce saint Concile exhorte tous les fidèles catholiques à reconnaître les signes des temps et à prendre part active à laction oecuménique. Le saint Concile constate avec joie que la participation des fidèles catholiques à laction oecuménique saccroît de jour en jour, et il recommande aux évêques du monde entier de chercher à la promouvoir de façon avisée et de la diriger avec prudence. Dans sa lettre encyclique Ut unum sint, Jean Paul II souligne cet engagement :
Au Concile Vatican II, lEglise catholique sest engagée de manière irréversible à prendre la voie de la recherche oecuménique . LEglise catholique considère dans lespérance lengagement oecuménique comme un impératif de la conscience chrétienne éclairée par la foi et guidée par la charité. Pour Jean-Paul II, le dialogue oecuménique relève aussi de la conversion et dun engagement spirituel sérieux. lengagement oecuménique doit être fondé sur la conversion des coeurs et sur la prière, qui conduiront aussi à la nécessaire purification de la mémoire historique. Avec la grâce de lEsprit Saint, les disciples du Seigneur, animés par lamour, par le courage de la vérité, ainsi que par la volonté sincère de se pardonner mutuellement et de se réconcilier, sont appelés à reconsidérer ensemble leur passé douloureux et les blessures quil continue malheureusement à provoquer aujourdhui encore.
Deuxième changement, implicite dans le premier : le regard sur les autres chrétiens. Dhérétiques, les protestants deviennent des chrétiens déficients mais réels, cestà- dire des « frères séparés », voire tout simplement des frères. justifiés par la foi dans le baptême, ils sont incorporés au Christ, ont à bon droit lhonneur de porter le nom de chrétien et sont reconnus avec raison comme frères dans le Christ par les fils de lEglise catholique. il est nécessaire que les catholiques reconnaissent avec joie et apprécient les valeurs réellement chrétiennes qui proviennent de patrimoine commun et qui se trouvent chez nos frères séparés
Il ne faut pas non plus passer sous silence que tout ce qui est accompli par la grâce du Saint Esprit dans nos frères séparés peut contribuer aussi à notre édification. Troisième changement, la Déclaration sur la liberté religieuse. LEglise catholique na plus les mêmes prétentions politiques en tant quEtat quauparavant et, aujourdhui, la théologie catholique accepte la notion dun Etat laïc de manière positive. Daprès René Rémond (historien catholique), lexpérience du 20e siècle avec le nazisme et le communisme a fait basculer la théologie catholique en faveur de la démocratie et des droits de lhomme. Ce Concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être exempts de toute contrainte de la part soit dindividus, soit de groupes sociaux et quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte quen matière religieuse nul ne soit forcé dagir contre sa conscience ni empêché dagir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé, comme en public, seul ou en association avec dautres. Aux communautés religieuses revient également le droit de ne pas être empêchées, par des mesures législatives ou une action administrative du pouvoir civil, de choisir leurs propres ministres, de les former, de les nommer et de les déplacer, de communiquer avec les autorités et les communautés religieuses qui vivent dans dautres parties du monde, de construire des édifices religieux, ainsi que dacquérir des biens appropriés et den disposer. Comme René Rémond lécrit : « la déclaration sur la liberté religieuse procède dun raisonnement entièrement neuf : elle ne la justifie plus par des considérations de simple opportunité »
Dialogues en cours, expériences personnelles.
Vous savez certainement quil y a des dialogues évangéliques-catholiques en cours, et cela à plusieurs niveaux. Dans mon article, je décris rapidement les dialogues dits « bilatéraux » qui ont eu lieu sur le plan plutôt international : du côté catholique sous légide du Conseil pontifical pour promouvoir lunité des chrétiens, et, de lautre côté, des instances mondiales des baptistes, des pentecôtistes, des mennonites ou de lAlliance Evangélique Universelle. Plusieurs des rapports existent en français et je ne vais pas prendre le temps de décrire le contenu que vous pouvez découvrir vous mêmes si vous le souhaitez. Je préfère apporter mon propre témoignage concernant lutilité de ces dialogues. Pourquoi cela en vaut-il la peine ? Les changements cités ci-dessus permettent ce qui nétait pas possible auparavant.
1) Que je naccepte pas les positions de lautre, ou que je les trouve offensantes ou fausses nest pas une raison pour refuser le dialogue. Lapôtre Pierre nous demande dêtre « toujours prêts à justifier notre espérance devant ceux qui nous en demandent compte » (1P 3,15). Lapôtre Paul nous exhorte : « Sil est possible, pour autant que cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes ». Le dialogue peut être aussi une expression de lamour de lennemi ou de lennemi du passé. LEvangile pousse à la réconciliation, au pardon, à la confrontation honnête de différences réelles. Je ne peux pas dire « a priori » que lEglise catholique na pas changé sans mettre en question la souveraineté de Dieu. Si cette Eglise demande un échange et je pense que ces motivations sont fausses ou mauvaises, il ny a que des conversations réelles qui puissent prouver que jai raison ou tort.
2) Mon expérience et celle des autres ne permettent pas encore daffirmer que ceux qui participent à de tels dialogues sont des traîtres ou des mous sur le plan théologique. Les études historiques et sociologiques sur les échanges oecuméniques tendent à démontrer que ces dialogues finissent par arriver à mettre le doigt sur des différences réelles et contribuent ainsi au renforcement des identités confessionnelles. Que le climat de relation change, oui. Que les différences théologiques disparaissent, pas forcément. Mais que des gens qui se réclament du Christ aient de meilleures relations, me semble être une bonne chose.
3) Les rencontres locales sont fondamentales, les dialogues « au nom dune union dEglises » ou dune famille mondiale dEglises me semblent sages pour éviter certains dérapages éventuels. Selon les régions, les pays et les continents, la mentalité et la théologie de Vatican II sont plus ou moins présentes. Les rencontres américaine, française, paraguayenne, italienne ou congolaise du catholicisme ne sont pas les mêmes. Pendant nos cinq ans de dialogue, notre équipe mennonite comportait des membres venant de situations plutôt différentes, avec des perceptions différentes de lEglise catholique. Cela a été utile. Nous avons reçu pas mal de mises en garde, surtout de mennonites vivant en Amérique latine, de certains pays africains, de lItalie ou de la France. Le conseil pontifical lui-même nous a dit de ne pas aller au-delà de ce que nos communautés pouvaient accepter. Ils nous ont souvent dit de ne pas « trahir » notre propre identité.
4) Lexpérience du dialogue est à la fois très fraternelle et très franche. Je nai jamais vécu des confrontations théologiques aussi réelles et franches que lors du dialogue catholique-mennonite. Nous avons écouté ensemble des récits de martyrs anabaptistes aux mains des catholiques. Nous avons parlé du baptême et de la Cène, de lEglise, de la rupture du 16e siècle, de la violence, de limposition de la foi. Nous nous sommes réellement fâchés, mais nous avons aussi pu demander pardon. Ceux qui naiment pas le dialogue ne voient des personnes comme moi que dans le rôle de défenseur du dialogue. Ils ne sont pas là quand je défends mordicus tel ou tel point de ma compréhension de la foi chrétienne. Ils ne me voient pas fâché contre telle position catholique. Je ne suis que le traître qui parle avec lennemi. La rédaction du rapport est un véritable exercice de théologie et de diplomatie. Chaque ligne et chaque mot doivent être acceptables de part et dautre et je peux vous dire quon a du bagarrer pour inclure telle phrase, tel mot ou telle position. Dans le processus dacceptation du rapport du dialogue mennonite- catholique (il y a quelques semaines), les objections au rapport venant dEglises différentes feront partie intégrante du contenu du dialogue : les objections sont notées et gardées.
5) Cest en expliquant sa théologie aux autres quon est obligé dêtre honnête soi-même. Nous, évangéliques, sommes souvent les spécialistes du vase clos, ce qui nous permet de dire des autres ce que nous voulons dire sans être obligé de vérifier. Cest une position de facilité qui nous permet de garder une certaine image de nous même et de lautre. Aujourdhui en France, quand les catholiques veulent savoir qui sont les évangéliques, ils invitent des évangéliques à sexprimer. Trop souvent encore, dans nos milieux, cest linverse. Cest nous qui disons ce que pensent les catholiques. Cest une chose que de répéter des certitudes théologiques entre nous, cen est une autre que de les expliquer à ceux qui ne sont pas daccord et qui ont des positions aussi raisonnées et parfois plus. Pour certains dentre nous, la crainte du dialogue vient dune réalisation inconsciente que nous ne sommes pas à la hauteur. Nous ne saurons pas nous défendre. Le dialogue peut révéler quil y a des faiblesses de notre côté. Oui, cest vrai. Exemples : lecclésiologie, les récits de martyrs nous ne connaissons ni lHistoire ni la théologie médiévale, en dehors de nos raccourcis polémiques. Puisque nos identités se sont construites depuis des siècles en affirmant que lautre avait tort, nous craignons parfois de découvrir que lautre est un peu plus chrétien que nous avons osé limaginer. Pensons-nous vraiment que le Saint Esprit ait totalement quitté lEglise catholique en 1517 lorsque Luther a affiché les 95 thèses ?
6) Les catholiques, même sils souhaiteraient que nous devenions catholiques, sont très conscients du fait que tel ne sera pas le résultat du dialogue. Plusieurs amis catholiques mont affirmé dailleurs que le dialogue oecuménique est utile et nécessaire pour lEglise catholique elle-même. Je suis assez daccord avec cela et je pourrais citer plusieurs exemples. Dans les pays où lEglise catholique est plutôt pré-Vatican II, dominante et sûre delle-même, les résultats des dialogues peuvent être très utiles pour apprendre aux catholiques eux-mêmes la théologie du concile. Dans le dialogue catholique-mennonite, lun des résultats, cest que les mennonites vivant dans des situations de domination catholique auront loccasion de se déplacer au Vatican pour rendre compte des difficultés et pour les documenter.
Jai pu représenter la conférence mennonite mondiale au 40e anniversaire du décret sur loecuménisme en novembre 2004. Là, jétais un observateur parmi des centaines dévêques, de cardinaux et de responsables de loecuménisme. Jétais témoin de plusieurs choses fascinantes.
7) Nous pouvons penser que les catholiques ou les protestants libéraux ne sont pas de véritables chrétiens. Mais pour le monde, pour les médias, pour énormément de personnes, « chrétien » = « catholique » et nous ne pouvons pas faire abstraction de cette réalité. La manière dont le nom du Christ est représenté dans notre monde nous concerne et si nous restons absents des grands débats, nous manquons à notre responsabilité devant Dieu et devant le monde.
8) Depuis 2000 ans, lidentité chrétienne, les lieux de fidélité et dinfidélité sont en constante évolution. Depuis le 16e siècle, le christianisme occidental a vécu dinnombrables schismes et fractionnements.
Les lignes de partage changent très souvent tout au long de lHistoire. Les frontières dhier ne sont pas forcément les frontières daujourdhui ou de demain. Pour cela, il nous faut beaucoup de discernement : il faut des gens qui foncent et des gens qui sont plus réticents.
Grâce aux catholiques, nous sommes allergiques à toute notion dunité visible ou institutionnelle. En réaction aux catholiques, nous sommes devenus des individualistes farouches. Souvent notre réalité ecclésiale se limite à notre Eglise locale ou, à la limite, nationale. Je crains que parfois nous frôlions le gnosticisme ecclésiologique Nous disons notre adhésion à la théologie des premiers conciles. Or, dans la confession de Nicée- Constantinople, il est question de lEglise une, sainte, apostolique et catholique. Les Réformateurs, même anabaptistes, nont jamais renié cette formulation. Le souci de lunité de lEglise, y compris avec des marques visibles, voire institutionnelles, fait partie de lhéritage théologique de la Réforme. Notre manque dintérêt pour cette question nest pas toujours à notre honneur.
NEAL BLOUGH
DIRECTEUR DU CENTRE MENNONITE
DE PARIS SAINT MAURICE, 94
ET PROFESSEUR À LA
FACULTÉ LIBRE DE THÉOLOGIE
EVANGÉLIQUE DE VAUX-SUR-SEINE.