
« Nous lavons fait pour la patrie :
notre pays et notre religion sont
menacés » ont déclaré à la police
les suspects, armés de couteaux,
qui semblaient avoir entre 17 et
19 ans. Le massacre a eu lieu à
Malatya, une ville à 600 km à lest
dAnkara, dans la maison chrétienne
déditions Zirve qui imprime
des Bibles en langue turque.
La police a trouvé les cadavres de
trois employés, baignant dans leur
sang, bâillonnés, pieds et mains
liés, la gorge tranchée. Deux des
employés sont des Turcs, le troisième
est un Allemand qui travaillait
là bénévolement.
Le fait que les meurtriers sont très
jeunes permet de supposer quil y
a des commanditaires plus âgés
derrière eux. Ces jeunes ne
seraient donc passibles que de
peines légères
Un cas de figure
attesté notamment lors de lassassinat
dun prêtre italien en
février 2006 à Trabzon, dans le
nord-est de la Turquie. Lagence
de presse gouvernementale
Anatolie a précisé que ces jeunes
de Malatya, « habitaient la même
résidence détudiants, préparaient
le concours dentrée à lUniversité
et portaient chacun la copie dune
lettre indiquant : Nous sommes
cinq frères, nous faisons face à la
mort, nous ne reviendrons peutêtre
pas. Priez pour nous ».
Lun des jeunes arrêtés était venu
assister au programme pascal de
lEglise Evangélique de Malatya,
composée dune trentaine détrangers
et de Turcs convertis qui « ont
reçu des e-mails menaçants la
semaine dernière », daprès Jerry
Mattix, le pasteur évangélique.
Pour lui, ces derniers crimes ne
sont que « la suite dattaques régulières
subies par les chrétiens en
Turquie ». Il pense que ces cinq
jeunes « appartenaient à une des
18 tarikats (congrégations soufies)
de Malatya, groupant 40% de sa
population ».
DAPRÈS « LE MONDE » ET
« DNA ».
Cest ainsi que sexprime la presse turque après la tuerie de Malatya au cours de laquelle trois chrétiens (deux Turcs et un Allemand) ont été massacrés. Les trois victimes ont été torturées pendant plusieurs heures avant dêtre égorgées. Pour les médias de Turquie, le fait quil sagisse dun crime politico-religieux est établi : ces actes de barbarie sinscrivent dans la lignée du meurtre lan dernier à Trabzon du prêtre catholique italien Andrea Santoro et récemment, en janvier, du journaliste dorigine arménienne Hrant Dink à Istanbul (in Idéa dernière livraison). « Le cauchemar se poursuit » titrait la presse La télévision turque a montré les images dun petit groupe de manifestants qui scandait, déjà en 2005, devant la Maison déditions évangéliques, des slogans hostiles aux cris de « Allah akbar (Allah est grand) ». Les chefs de la communauté protestante de Turquie ont dénoncé une « chasse aux missionnaires » rappelant la « chasse aux sorcières » du Moyen Age.
Les musulmans convertis sont considérés comme des traîtres aux yeux de la population et certains hommes dEtat attisent même cette hostilité Même si le prosélytisme nest pas interdit par la loi, il est quand même fort mal vu.
Le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, (il pourrait briguer la Présidence de la République) a vivement condamné cet acte de « sauvagerie dont tous les responsables doivent être démasqués ».
Le Ministre des
Affaires Etrangères, Abdullah Gül,
a promis davantage de protection
pour les chrétiens : cette tuerie
détériore limage de la Turquie
qui compte plusieurs petites communautés
chrétiennes et qui aspire
à devenir membre de lUnion
Européenne (UE). A Istanbul,
quelques centaines de manifestants
ont défilé en scandant :
« Nous sommes tous des chrétiens
» Lorganisation internationale
« Portes Ouvertes » signale quen
janvier dernier, à Samsun, dans
le nord du pays, une Eglise protestante
a été vandalisée. Depuis
plus de deux ans, cette congrégation
a subi une dizaine dattaques
de ce genre. « Quant aux
menaces, jen reçois toutes les
semaines » a déclaré le pasteur.
Site : http://www.portesouvertes.fr/fr/presse-070131-turquieeglise-protestante-attaque.php
Pas trop difficile, le dimanche matin, de lire dans la Bible les paroles de Jésus : « Bénissez ceux qui vous maudissent » (Mat. 5.44) ou les exhortations de Paul : « Bénissez ceux qui vous persécutent » (Rom. 12.14) ou son témoignage : « Injuriés, nous bénissons » (1 Cor. 4.12). Pas trop difficile de chanter des cantiques pour la paix ! Mais tout change lorsque les malédictions, les persécutions et les injures parviennent jusquà nous. Le nouveau Président de la Fédération Protestante de France a mentionné officiellement quil sattachera, entre autres, à défendre les libertés des Eglises dans notre pays.
CHARLES GUILLOT
SOURCES : DNA ET PORTES
OUVERTES