
Une nouvelle résolution a été adoptée lors de la session plénière du 15 novembre au Parlement européen. La résolution prend fait et cause pour la liberté religieuse, en particulier le droit de changer de religion dans des contextes de majorité musulmane. Elle aborde aussi la persécution de chrétiens tant violente que non violente au Moyen- Orient. Le texte évoque consciemment plusieurs événements qui ont touché la communauté évangélique dans ces pays. Ainsi elle déclare « déplorer le meurtre à Gaza de Rami Khader Ayyad le 2 octobre 2007, propriétaire dune librairie chrétienne à Gaza », et être « horifiée par les attaques à lencontre de la maison de publication chrétienne Zirve le 18 avril 2007 à Malatya (Turquie), au cours de laquelle trois chrétiens, Tilmann Geske, Necati Aydin et Ugur Yuksel ont été assassinés ».
La résolution a été adoptée avec 57 voix pour et 2 voix contre. Le texte a été proposé par un député italien démocrate-chrétien, Mario Mauro, poussé par son groupe politique (PPE, Parti populaire européen et Démocrates européens) et soutenu par tout le groupe socialiste (PSE, Parti socialiste européen). Le texte fut débattu avec la participation de Danuta Hübner pour le compte de la Commission européenne. Divers partis étaient représentés et les députés affichaient généralement du soutien envers la motion pour cette résolution. Des ONG telles que Christian Solidarity Worldwide ont été actives à faire pression pour un texte plus inclusif, qui était au départ beaucoup plus focalisé sur les minorités catholiques. LAEE est restée pleinement informée au travers dEPRID (la Plateforme européenne sur lintolérance et le discrimination religieuses).
Maintenant que la résolution est adoptée, les organisations chrétiennes et dautres défenseurs des droits de lHomme ont une base légale bien plus spécifique pour le plaidoyer, étant donné en particulier que ce texte se concentre sur les minorités chrétiennes. Par ailleurs, bien que le fondement de cette résolution soit la situation dans le Moyen-Orient, la formulation de la résolution est suffisamment englobante pour inclure tant les minorités chrétiennes ailleurs que dautres minorités religieuses persécutées, tout en promouvant le dialogue interreligieux.
Qui a dit que rien de bon ne peut venir du Parlement européen ?
CLN
Le scientifique et apologète John C. Lennox sest adressé à un parterre de personnes liées aux Institutions de lUE et diverses autres organisations le 2 novembre lors dun Symposium sur le Nouvel Athéisme à Bruxelles, organisé de concert par lAlliance mondiale de la JeunesseEurope et FORUMBrussels, une ONG dinspiration chrétienne. Le Nouvel Athéisme est un mouvement qui a pour fer de lance des auteurs populaires tels que Richard Dawkins, prétendant que la religion est une chose dangereuse, supposément abolie par la science et inutile pour résoudre les problèmes moraux. Son discours douverture a été suivi par une discussion avec des théologiens et des philosophes (y compris le Prince du Liechtenstein), modérée par une représentante de la Commission européenne. Les participants ont tous affirmé avoir été impressionnés par lapproche que le Professeur Lennox a de la religion et ont admis que les questions religieuses devraient être plus présentes et débattues sur la scène publique.
CLN
Il est souvent sage dignorer la provocation du laïcisme extrême mais, lorsquune proposition de résolution du Conseil de lEurope a affirmé que les « créationnistes » étaient un danger pour la démocratie et les droits de lHomme, lAEE sest sentie forcée dintervenir. Les conceptions sur le « créationnisme » varient parmi les évangéliques, mais chacun mérite la liberté religieuse et la protection contre des agressions excessives. En plus de cela, la résolution étaient tellement mal formulée que lon pouvait interpréter que tous les croyants en un Créateur étaient dangereux.
Certains ont fait du lobby auprès du Conseil de lEurope avec des Arguments défendant le « créationnisme », mais lAEE a décidé que cet acte prophétique avait peu de chances de changer les avis dun point de vue politique. Au lieu de cela, nous avons rédigé une « brève », indiquant le manque de preuves dune menace « créationniste » et que les enfants ne devraient être endoctrinés avec aucun dogme, ni religieux, ni séculier. Plutôt, le libre examen de toutes les idées qui ne posent aucune menace à lordre public doit être encouragé. Toute théorie peut être enseignée en cours de sciences, pour autant quelle soit soumise à un examen scientifique. Nous avons demandé que la résolution soit rejetée.
Merci à toutes les Alliances évangéliques qui ont rapidement réagi en traduisant et en transmettant cette brève aux politiciens de leurs pays qui devaient débattre de la résolution. Jean-Paul Zürcher de la branche romande de lAlliance évangélique suisse nous a ensuite lancé un défi. M. Schmied, parlementaire suisse, désirait nous aider mais affirmait que nous devions proposer des amendements, étant donné que demander un rejet pur et simple était irréaliste. Christel Ngnambi et moi avons travaillé en équipe, en rédigeant des amendements, tout en sachant que nous ne pouvions pas en proposer trop, mais tout en ne voulant pas laisser passer une mauvaise résolution. Nous faisions face aux réalités du compromis politique. Une résolution nuisible allait être votée. Était-il possible que nous la rendions un peu moins nuisible ?
M. Schmied a alors sélectionné la moitié de nos amendements et les a amenés à Anne Brasseur, rapporteur de la résolution. Elle les a tous acceptés sauf deux. Dans le débat lui-même, elle a remercié M. Schmied davoir été constructif. Les seuls amendements proposés et acceptés étaient ceux soumis par M. Schmied.
Notre lobbying a eu pour résultat que la résolution finale était un peu moins insultante que la proposition ; de plus, il a été admis que lévolution devait être soumise à lexamen scientifique autant que toute autre théorie. Mais la résolution était toujours problématique.
Avons-nous échoué ? Dune certaine manière, oui. Toutefois, nous avons gagné ce quil était possible de gagner. Dans le débat, une parlementaire britannique a cité la brève de lAEE et dautres ont parlé en soutien à nos arguments. Les évangéliques ont été vus comme des gens raisonnables, constructifs et professionnels. Ironiquement, cest ce qui a rendu les accusations du projet de résolution encore plus ridicules.
Seuls 76 des 636 parlementaires étaient présents au vote pour la résolution. Les décisions de lAssemblée parlementaire sont reprises par les médias mais la plupart des politiciens nont pas jugé utile dassister à la session. La résolution na pas valeur légale mais elle sera utilisée par certains pour justifier que lon garde les thèses « créationnistes » en-dehors des cours de science à lécole. Néanmoins, lorsque de tels arguments apparaîtront dans votre pays, vous pourrez utiliser la critique de la résolution dans le débat pour demander une discussion plus juste et plus raisonnable. Nous nous tenons prêts à aider autant que nécessaire.
Merci encore à tous ceux qui ont aidé pour cette campagne.
JDP