
Michel CHARLES
Chers Amis,
Cest une joie toujours renouvelée de madresser à vous en ce début dAssemblée Générale.
Comme lan passé, je vais parler du sujet proposé pour cette AG, laissant le soin à celui qui sait si bien le faire, notre Secrétaire Général Stéphane Lauzet, de parler de la vie de lAEF. Mais laissez-moi vous dire combien il me semble important de pas nous laisser indûment absorber par un sujet, certes, fondamental, mais qui pourrait devenir nombriliste si cétait notre seule préoccupation.
Pour commencer, je vous propose davoir une pensée pour tous nos frères et surs qui, en France ou plus loin, vivent leur foi dans la souffrance ou la persécution. Accompagnons-les, de la manière que le Seigneur nous montrera, a minima dans la prière.
Jaimerais dire aussi que le contexte mondial et national nous interdit, en tant que témoins de lamour du Christ, dêtre aveugles à toutes les détresses qui résultent dun règne de largent poussé à une extrémité frôlant labsurdité. Et ce contexte nous pousse à être inventifs pour ne pas nous satisfaire dexhortations à des engagements même conséquents pour modifier nos styles de vie, ou dimplications dans la société pour y agir, y compris à des niveaux décisionnels.
La crise qui est apparue en 2008 nous pousse encore plus à nous intéresser aussi à des concepts et à des actions qui occupent certains de nos contemporains dans des directions dont on parle peu dans les milieux chrétiens, et cest dommage :
Ces précisions étant données, on peut sinterroger sur le fait que, deux ans de suite, le CNEF soit au cur de nos AG. Cest, à tout le moins, dire limportance du sujet.
Mais on note aussi une nuance : lan dernier il était question de lAEF et du CNEF, cette année il ny a plus que le CNEF. On peut se dire que cela correspond au progrès du processus de mise en place du CNEF nouvelle formule. On peut aussi être tenté de se poser la question : lAEF serait-elle en train de disparaître ?
Je tiens à donner la réponse suivante, qui nest pas une nouveauté. Il est admis que le CNEF reprenne la vision et les réalisations de lAEF ; cest déjà une réalité :
Certes il faudra voir le reste, mais on peut dire quil nest pas question que lAEF disparaisse. Dabord, sa santé est excellente. Jen veux pour preuve deux signes édifiants :
Ces questions, formulées un peu différemment, vous seront proposées un peu plus tard, avec dautres questions, dans un travail en petits groupes.
Vous laurez noté : le CNEF fait parler de lui dans une certaine presse (Réforme, le Christiannisme aujourdhui, La Croix, ). Et, comme par hasard, on trouve une focalisation sur un sujet qui semble porteur pour les journalistes : le télescopage présumé avec la FPF. Le CNEF serait-il une FPF bis ? Le CNEF serait-il là pour concurrencer la FPF ?
Jaimerais partager avec vous les idées suivantes que jai eu loccasion dexprimer dans un débat de lAG de la FPF à laquelle je participais comme membre de la délégation de la Fédération Baptiste :
Bien sûr tout nest pas dit. Notamment, il faut prendre en compte le problème des chrétiens réformés ou luthériens actuellement membres de groupes locaux de lAEF. Dans les groupes CNEF, rien nempêchera quils continuent à sengager mais sen sentiront-ils la liberté avec la réalité des Unions dEglises en arrière-plan ? Jai envie den faire une question de bonnes relations entre institutions, au niveau national et sur le terrain.
Sur le terrain, beaucoup reste à faire, pour ne pas dire tout. Au niveau national des rencontres régulières avaient déjà lieu entre des représentants de la FPF et du CNEF (2 par an). Cest dans ce cadre qua eu lieu, le 26 mars, une entrevue (à laquelle je participais) qui a pris une dimension nouvelle avec une recommandation de lAG de la FPF. Après avoir salué le mouvement dunité et de réconciliation des Eglises évangéliques françaises qui sest manifesté dans la création de la plate-forme du Conseil National des Evangéliques de France. , lAG a demandé au Conseil de la FPF danalyser, en concertation avec le CNEF, les conséquences de linstitutionnalisation de cette plate-forme pour la représentation du protestantisme et pour son témoignage dans lespace public français et aussi douvrir un dialogue sur les possibilités dun travail constructif entre le CNEF et la FPF, voire dassociation au projet fédératif décrit par la charte de la FPF.
Sans dévoiler le détail des conclusions, je peux dire que lorientation a été prise pour des rencontres sérieuses où on ne préjuge aucunement de lissue des discussions (en particulier sur la fin de la recommandation de lAG) mais où on nhésite pas à aborder des sujets difficiles.
Il me semble donc y avoir plusieurs raisons de voir les choses positivement.
Optimisme abusif ? Voilà un autre sujet pour nos petits groupes.
Enfin je voudrais souligner, plus globalement, un aspect qui me semble très important pour aborder toutes sortes de problématiques liées à lémergence du CNEF nouvelle formule. Nous devons nous garder de raisonner à partir de photos de lexistant qui ignoreraient la dimension du temps. Nous sommes impliqués dans des processus.
Par exemple, les réconciliations ont concerné des responsables (de lAEF, de la FEF, des ADD). Entre eux, tout est réglé. Sur le terrain, quen est-il ? On nen est sûrement pas au même point, surtout que la communion au sein du Comité Représentatif du CNEF progresse à vitesse impressionnante (signe, pour moi, que le raisonnement de départ 1 seul organisme pour clarifier est devenu une vraie vision). Mais il ne faut pas être surpris dévénements de terrain en apparente contradiction avec la réalité plus institutionnelle. On nest simplement pas à la même phase du processus ; mais il faut travailler à son avancement.
Prenons aussi le cas de louverture aux besoins du moment. Les diverses composantes du CNEF sont à des stades divers de conception sur le sujet. Pour les uns, le simple fait dadhérer aux Alliances internationales est un pas considérable, pour dautres, il y a la crainte que le CNEF soit la mise en commun de fermetures. Stades divers, mais même processus.
Le problème des relations entre CNEF et FPF peut (et doit) aussi être abordé sous un angle du même genre.
Où en sommes-nous ? Au cours de 2009 sont attendus des retours sur le projet. Il nous faut rester sereins, examiner lucidement la situation, exprimer sans langue de bois notre ressenti et nos analyses. Daprès nos statuts, le Conseil National aura un rôle déterminant. Mais notre AG est très importante pour mieux comprendre le terrain, en complément de la réunion dhier des responsables de groupes locaux. Doù le travail qui va vous être proposé lors de cette AG.
Jaimerais terminer par une courte mise en perspective biblique.
Le texte que nous avons lu au début (Mt 16 / 21 25) est le premier dune série de 4 passages où Jésus annonce ce qui lattend : la croix et la résurrection, et à chaque fois les disciples ne comprennent rien. Chacun de ces épisodes, que je vous laisse le soin de relire chez vous, est riche denseignements :
1. Mt 16 / 21 25
Pour gagner avec Jésus, il faut dabord lâcher prise et accepter de perdre selon les critères de la société ordinaire.
2. Mt 17 / 22 23 et Mc 9 / 31 32 et Luc 9 / 44 45
Les disciples ne comprennent pas, et cette fois-ci, ils ne posent pas de question, ils nosent pas. Ne soyons pas comme eux : osons demander au Seigneur de nous éclairer. Osons aussi nous mettre nous-mêmes en question.
3. Mt 20 / 17 28
Les disciples, ne comprenant toujours rien, la conversation glisse sur le terrain de la préséance. Jésus est clair : avec lui, la hiérarchie qui compte, cest une hiérarchie de service, lautorité qui compte, cest celle que donne le fait de se mettre au service des autres.
4. Mt 26 / 1 13
La femme qui répand un parfum de grand prix sur la tête de Jésus est la seule à avoir un acte dont le sens profond est adapté à la situation : symboliquement anticiper lensevelissement (v. 12). Elle na pas hésité à donner tout ce quelle pouvait, elle sest investie sans compter, elle a donné le meilleur delle-même.
Dans la perspective de lAEF et du CNEF, la croix met en lumière à notre intention 4 attitudes fondamentales, cruciales :
Je terminerai en reprenant mot pour mot mon final de lAG 2008 : Que le Seigneur de gloire nous accompagne en cette journée et que son Esprit nous dirige, dans lintelligence de son plan et dans son amour.
Amen.
Michel CHARLES