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Message du Président de l'AEF - AG 2009

Thème : L'avancement du projet CNEF

Michel CHARLES

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Chers Amis,

C’est une joie toujours renouvelée de m’adresser à vous en ce début d’Assemblée Générale.

Comme l’an passé, je vais parler du sujet proposé pour cette AG, laissant le soin à celui qui sait si bien le faire, notre Secrétaire Général Stéphane Lauzet, de parler de la vie de l’AEF. Mais laissez-moi vous dire combien il me semble important de pas nous laisser indûment absorber par un sujet, certes, fondamental, mais qui pourrait devenir nombriliste si c’était notre seule préoccupation.

Pour commencer, je vous propose d’avoir une pensée pour tous nos frères et sœurs qui, en France ou plus loin, vivent leur foi dans la souffrance ou la persécution. Accompagnons-les, de la manière que le Seigneur nous montrera, a minima dans la prière.

J’aimerais dire aussi que le contexte mondial et national nous interdit, en tant que témoins de l’amour du Christ, d’être aveugles à toutes les détresses qui résultent d’un règne de l’argent poussé à une extrémité frôlant l’absurdité. Et ce contexte nous pousse à être inventifs pour ne pas nous satisfaire d’exhortations à des engagements même conséquents pour modifier nos styles de vie, ou d’implications dans la société pour y agir, y compris à des niveaux décisionnels.

La crise qui est apparue en 2008 nous pousse encore plus à nous intéresser aussi à des concepts et à des actions qui occupent certains de nos contemporains dans des directions dont on parle peu dans les milieux chrétiens, et c’est dommage :

Ces précisions étant données, on peut s’interroger sur le fait que, deux ans de suite, le CNEF soit au cœur de nos AG. C’est, à tout le moins, dire l’importance du sujet.
Mais on note aussi une nuance : l’an dernier il était question de l’AEF et du CNEF, cette année il n’y a plus que le CNEF. On peut se dire que cela correspond au progrès du processus de mise en place du CNEF nouvelle formule. On peut aussi être tenté de se poser la question : l’AEF serait-elle en train de disparaître ?
Je tiens à donner la réponse suivante, qui n’est pas une nouveauté. Il est admis que le CNEF reprenne la vision et les réalisations de l’AEF ; c’est déjà une réalité :

Certes il faudra voir le reste, mais on peut dire qu’il n’est pas question que l’AEF disparaisse. D’abord, sa santé est excellente. J’en veux pour preuve deux signes édifiants :

Ces questions, formulées un peu différemment, vous seront proposées un peu plus tard, avec d’autres questions, dans un travail en petits groupes.

Vous l’aurez noté : le CNEF fait parler de lui dans une certaine presse (Réforme, le Christiannisme aujourd’hui, La Croix, …). Et, comme par hasard, on trouve une focalisation sur un sujet qui semble porteur pour les journalistes : le télescopage présumé avec la FPF. Le CNEF serait-il une FPF bis ? Le CNEF serait-il là pour concurrencer la FPF ?

J’aimerais partager avec vous les idées suivantes que j’ai eu l’occasion d’exprimer dans un débat de l’AG de la FPF à laquelle je participais comme membre de la délégation de la Fédération Baptiste :

Bien sûr tout n’est pas dit. Notamment, il faut prendre en compte le problème des chrétiens réformés ou luthériens actuellement membres de groupes locaux de l’AEF. Dans les groupes CNEF, rien n’empêchera qu’ils continuent à s’engager mais s’en sentiront-ils la liberté avec la réalité des Unions d’Eglises en arrière-plan ? J’ai envie d’en faire une question de bonnes relations entre institutions, au niveau national et sur le terrain. Sur le terrain, beaucoup reste à faire, pour ne pas dire tout. Au niveau national des rencontres régulières avaient déjà lieu entre des représentants de la FPF et du CNEF (2 par an). C’est dans ce cadre qu’a eu lieu, le 26 mars, une entrevue (à laquelle je participais) qui a pris une dimension nouvelle avec une recommandation de l’AG de la FPF. Après avoir salué “ le mouvement d’unité et de réconciliation des Eglises évangéliques françaises qui s’est manifesté dans la création de la plate-forme du Conseil National des Evangéliques de France. ”, l’AG a demandé “ au Conseil de la FPF d’analyser, en concertation avec le CNEF, les conséquences de l’institutionnalisation de cette plate-forme pour la représentation du protestantisme et pour son témoignage dans l’espace public français ” et aussi “ d’ouvrir un dialogue sur les possibilités d’un travail constructif entre le CNEF et la FPF, voire d’association au projet fédératif décrit par la charte de la FPF. ”
Sans dévoiler le détail des conclusions, je peux dire que l’orientation a été prise pour des rencontres sérieuses où on ne préjuge aucunement de l’issue des discussions (en particulier sur la fin de la recommandation de l’AG) mais où on n’hésite pas à aborder des sujets difficiles.
Il me semble donc y avoir plusieurs raisons de voir les choses positivement. Optimisme abusif ? Voilà un autre sujet pour nos petits groupes.

Enfin je voudrais souligner, plus globalement, un aspect qui me semble très important pour aborder toutes sortes de problématiques liées à l’émergence du CNEF nouvelle formule. Nous devons nous garder de raisonner à partir de photos de l’existant qui ignoreraient la dimension du temps. Nous sommes impliqués dans des processus.
Par exemple, les réconciliations ont concerné des responsables (de l’AEF, de la FEF, des ADD). Entre eux, tout est réglé. Sur le terrain, qu’en est-il ? On n’en est sûrement pas au même point, surtout que la communion au sein du Comité Représentatif du CNEF progresse à vitesse impressionnante (signe, pour moi, que le raisonnement de départ – 1 seul organisme pour clarifier – est devenu une vraie vision). Mais il ne faut pas être surpris d’événements de terrain en apparente contradiction avec la réalité plus institutionnelle. On n’est simplement pas à la même phase du processus ; mais il faut travailler à son avancement.
Prenons aussi le cas de l’ouverture aux besoins du moment. Les diverses composantes du CNEF sont à des stades divers de conception sur le sujet. Pour les uns, le simple fait d’adhérer aux Alliances internationales est un pas considérable, pour d’autres, il y a la crainte que le CNEF soit la mise en commun de fermetures. Stades divers, mais même processus.
Le problème des relations entre CNEF et FPF peut (et doit) aussi être abordé sous un angle du même genre.

Où en sommes-nous ? Au cours de 2009 sont attendus des retours sur le projet. Il nous faut rester sereins, examiner lucidement la situation, exprimer sans langue de bois notre ressenti et nos analyses. D’après nos statuts, le Conseil National aura un rôle déterminant. Mais notre AG est très importante pour mieux comprendre le terrain, en complément de la réunion d’hier des responsables de groupes locaux. D’où le travail qui va vous être proposé lors de cette AG.

J’aimerais terminer par une courte mise en perspective biblique.
Le texte que nous avons lu au début (Mt 16 / 21 – 25) est le premier d’une série de 4 passages où Jésus annonce ce qui l’attend : la croix et la résurrection, et à chaque fois les disciples ne comprennent rien. Chacun de ces épisodes, que je vous laisse le soin de relire chez vous, est riche d’enseignements :

1. Mt 16 / 21 – 25
Pour gagner avec Jésus, il faut d’abord lâcher prise et accepter de perdre selon les critères de la société ordinaire.

2. Mt 17 / 22 – 23 et Mc 9 / 31 – 32 et Luc 9 / 44 – 45
Les disciples ne comprennent pas, et cette fois-ci, ils ne posent pas de question, ils n’osent pas. Ne soyons pas comme eux : osons demander au Seigneur de nous éclairer. Osons aussi nous mettre nous-mêmes en question.

3. Mt 20 / 17 – 28
Les disciples, ne comprenant toujours rien, la conversation glisse sur le terrain de la préséance. Jésus est clair : avec lui, la hiérarchie qui compte, c’est une hiérarchie de service, l’autorité qui compte, c’est celle que donne le fait de se mettre au service des autres.

4. Mt 26 / 1 – 13
La femme qui répand un parfum de grand prix sur la tête de Jésus est la seule à avoir un acte dont le sens profond est adapté à la situation : symboliquement anticiper l’ensevelissement (v. 12). Elle n’a pas hésité à donner tout ce qu’elle pouvait, elle s’est investie sans compter, elle a donné le meilleur d’elle-même.
Dans la perspective de l’AEF et du CNEF, la croix met en lumière à notre intention 4 attitudes fondamentales, cruciales :

Je terminerai en reprenant mot pour mot mon final de l’AG 2008 : “ Que le Seigneur de gloire nous accompagne en cette journée et que son Esprit nous dirige, dans l’intelligence de son plan et dans son amour. ”

Amen.

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Michel CHARLES

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