La matraitance faite aux femmes
Le problème de la maltraitance faite aux femmes a toujours existé mais ce nest quen 1997, lors de la 10ième Assemblée Générale de lAlliance Evangélique Mondiale (AEM), que cette question a été traitée au grand jour. Pendant cette Assemblée, des responsables chrétiens de différents pays ont révélé ce quils savaient à lendroit de femmes victimes de maltraitance, et cela par le fait dhommes responsables déglises. La Commission des femmes de lAEM a alors décidé de sattaquer à cette question et de souligner la gravité dun tel péché.
En tant que responsables chrétiens internationaux représentant toutes les régions du monde, nous avons la responsabilité envers le corps du Christ dassumer cette tâche importante. La maltraitance des femmes et des filles est actuellement lacte de violation des Droits de lHomme le plus répandu dans le monde. Les femmes sont en grande difficulté, tout comme les auteurs des sévices.
Pour donner un fondement solide à notre travail, nous lui avons donné en priorité une base biblique. Cette base est très importante pour pouvoir répondre à chaque forme de maltraitance. Cest le fondement pour pouvoir répondre aux besoins aussi bien de la victime quà ceux de lagresseur. Elle résonne également comme un coup de trompette en direction de lEglise.
Déclaration biblique sur la dignité humaine
La Bible affirme que tous les êtres humains sont créés à limage de Dieu et quils ont tous la même dignité et la même valeur à ses yeux (Genèse 1.26-27, 5.2-3 ; Actes 17.25-26 ; Jacques 3.9). Tous les croyants sont dans lobligation de se respecter, de shonorer mutuellement et de promouvoir le bien-être les uns des autres (Rom. 12.10-16, 15.2-3 ; Gal. 6.2 ; Col. 3.11).
En Jésus Christ, il ne doit y avoir aucune partialité ni aucune discrimination (Gal. 3.28 ; Jacques 2.1-9). Christ nous appelle à nous soumettre mutuellement les uns aux autres ; il désire que nous incarnions, dans tous les aspects de notre vie et de nos relations, la puissance transformatrice de lEsprit Saint et que nous soyons des exemples dans ce sens (Gal. 4.19 ; 5.22-23 ; Eph. 5.21).
Vers une théologie biblique des relations
Prévenir la maltraitance des femmes
- Les prophètes de la Bible écoutaient la Parole de Dieu et la proclamaient avec audace. Dieu les amenait à voir le mal dans leur société et à prier et à réfléchir en profondeur sur les questions posées. Les prophètes exhortaient les hommes et les femmes à évaluer leurs attitudes et à changer de comportement. Ils restaient fidèles dans leur proclamation, même quand leurs paroles les rendaient impopulaires. Il en est de même pour les responsables chrétiens aujourdhui. Nous devons être clairvoyants sur les conditions de vie dans la société, reconnaître le péché sous-jacent et nous adonner à la prière et à létude des Ecritures pour recevoir de Dieu une voix prophétique en vue dune action à mener.
- Or, un mal que nous taisons sciemment est celui de la maltraitance faite aux femmes. Nous nous imaginons quelle ne peut pas avoir lieu chez les chrétiens, surtout pas dans des foyers chrétiens, voire dans des églises. Mais les faits nous obligent à reconnaître que des pratiques honteuses et cachées sont souvent tolérées et parfois même perpétuées dans lEglise, aussi bien que dans le reste de la société. Partout dans le monde, les femmes ne cessent de dénoncer que la violence quotidienne est un problème majeur. La Bible nous dit que, pour la famille, cest la paix ainsi que la délivrance de loppression (Es. 54.11-14 ; Ps. 10.17-18).
- Très souvent, léglise et ses responsables ne se sont pas rendus compte de lénormité du problème, ni des effets néfastes et durables au niveau physique, social, psychologique et spirituel sur les victimes et sur leurs familles. La communauté chrétienne nest pas insensible à la souffrance, mais souvent les chrétiens ne savent pas comment réagir dans la situation de maltraitance quune femme subit. Cependant, lappel à la compassion et à laction chrétienne est très clair (Jér. 21.12, 22.3, 15-18).
- A partir de ce constat, il nous faut étudier très attentivement le message biblique. Tout comme lalcool peut nourrir la maltraitance dune femme, de la même façon daucuns ont utilisé des distorsions de la Bible pour nourrir dautres formes de maltraitance. Force est de constater que des femmes maltraitées se sont trouvées victimes des manipulations de la vérité biblique. Il est donc important de clarifier le message biblique au sujet de la violence perpétrée contre les femmes. Il nous faut venir à la Bible et nous poser ces questions qui sont à la fois si actuelles et si anciennes.
Le message de la Bible
- Nous sommes bien conscients que tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Nous savons aussi que même les chrétiens nés de nouveau pèchent. LEsprit Saint qui les habite est attristé, mais ces chrétiens continuent à décider pour eux-mêmes, pour le bien ou pour le mal.
- Il nous faut être très clair au sujet de la condamnation, dans la Bible, de la violence et de la maltraitance. La Bible contient plus de cent passages qui parlent des coups, de la violence, du viol, de linceste, de la traque, du guet-apens, de la déformation des paroles dun autre, des menaces et de lintimidation. Puisque la Parole de Dieu condamne la violence et la maltraitance, lEglise doit être fidèle dans lenseignement de cette vérité. Ce sujet est très rarement traité dans les prédications, mais cest un message qui pourrait être très puissant et qui pourrait changer des vies !
- La Bible dit quun comportement violent est un obstacle à la prière (Esaïe 58.4, 1 Pie. 3.7). Ce type de comportement nest pas seulement une entrave à la prière, mais il disqualifie aussi celui qui se livre à la violence pour obtenir une position de responsabilité dans léglise. Les deux passages de 1 Tim. 3.3 et Tite 1.7 précisent quun ancien ou un évêque ne doit pas être violent. Les traductions nont pas toujours été claires sur ce point. La plupart des traductions françaises utilisent le mot « violent ». Le mot grec signifie littéralement « quelquun qui bat ». Quel effet électrochoc si tous ceux qui se rendent coupables de violence étaient suspendus de leurs responsabilités dans léglise ! Une autre condition pour un responsable est davoir de bonnes relations familiales (1 Tim. 3.3-4,12). Tous ceux qui maltraitent verbalement ou sexuellement chez eux ne sont pas dignes doccuper un poste de responsabilité dans la famille de Dieu.
- La plupart des traductions nindiquent pas que Paul condamne le viol à plusieurs reprises dans sa première lettre aux Corinthiens (5.10-11, 6.10). Le viol est un crime terrible, que ce soit dans le contexte du mariage ou en dehors. En effet, le mari et la femme doivent se donner physiquement lun à lautre (1 Cor 7.3-5), mais ce don doit être fait dans lamour, le respect et la sainteté. Il ne doit jamais être extorqué par la cruauté ou par dautres formes de coercition. Paul dit que personne ne doit forcer ni exploiter lautre dans ce domaine (1 Thess. 4.3-7).
Lobligation de léglise
- De plus, la Bible dit que cest une obligation pour les justes de délivrer ceux qui subissent linjustice de la main des violents (Ps. 72.12-14, Jér. 21.12, 22.3). Pourquoi ne voulons-nous pas voir la maltraitance, même quand nous savons quelle a lieu dans une famille de léglise ? Il est de notre devoir dassurer la sécurité des victimes et de leur proposer toute laide possible : une présence, un soutien émotionnel et spirituel, le gîte et le couvert, la garde des enfants, la prière et lamour (Deut. 15.7-11, Esaïe 58.6-10, Ezéch. 18.5-9, Mat. 25.31-46).
- Une aide différente est à apporter à lagresseur qui doit être tenu responsable de ses actes. Souvent lagresseur sexprime mieux et se défend mieux que sa victime ; donc, léglise lécoute plus volontiers que la victime et porte sur elle un jugement sévère en refusant de la croire. Le Nouveau Testament enseigne que la communauté de léglise doit corriger la personne qui pèche
et la violence contre sa propre famille est un péché très grave (1 Th. 5.14, 1 Tim. 5.20, Tite 3.2-11 ; cf. Mat.18.15-17, Jacques 5.19-20).
- La Bible dit spécifiquement que lagresseur doit être soumis à la discipline de léglise (1 Cor. 5.1-13, 2 Thess. 3.6, 14-15, Prov. 3.31, 24.1-2). Ceux qui sont au courant de la maltraitance ne doivent pas continuer à agir comme si tout allait bien. Qui ne dit mot consent (cf. Actes 7.58, Rom. 1.32). On peut suivre lagresseur, le conseiller et laider, mais il doit comprendre que son comportement nest pas acceptable dans la communauté des croyants. La violence ne doit pas être tolérée.
- Face aux problèmes de maltraitance, les chrétiens engagés doivent répondre en obéissant à la parole de Dieu. Lagresseur doit être mis face aux conséquences de son comportement. On ne doit pas essayer de minimiser sa punition, de lui permettre de sesquiver en refusant de participer à un groupe de parole sur ce thème ou à une psychothérapie exigée par la justice. A propos de lhomme violent, la Bible dit que sa violence lui retombe sur la tête (Ps. 7.16). Nous ne devons jamais empêcher ces conséquences dagir dans la vie de lagresseur (cf. 1 Cor. 5.5, 1 Tim. 1.20).
a repentance
- Léglise doit être consciente quun agresseur peut donner limpression dêtre repentant. Il peut effectivement être bien chagriné à cause du mal quil a fait, mais peut-être plus encore par le fait que son comportement violent a été révélé au grand jour. Le remords nest pas la repentance (Héb. 12.17). Une période de contrition suit souvent un éclat de violence et ne doit pas être confondue avec une vraie repentance. La maltraitance est souvent cyclique : dabord la maltraitance, ensuite une période de lune de miel (pendant laquelle lagresseur cherche à se faire pardonner) et ensuite une tension croissante jusquà une nouvelle période de violence.
- La vraie repentance implique une démarche active : il sagit de faire tout ce qui est nécessaire pour être certain que la violence ne se reproduira pas. Cela peut impliquer différentes attitudes : la recherche dun groupe à qui on rend compte de ses actes, ou bien la participation à un groupe de parole spécifique, ou bien la pratique dune thérapie, ou bien la séparation pendant un temps pour la réflexion. La vraie repentance implique un changement de comportement, ce qui est possible en Jésus Christ. A linstar de Saul, le meurtrier, qui devient Paul, lapôtre : par la grâce de Dieu, lhomme violent peut développer des attitudes et un comportement nouveaux. Le chemin vers le rétablissement est souvent douloureux et il demande le soutien de la prière des chrétiens.
Le pardon
- La Bible parle beaucoup de pardon. Trop souvent un pasteur pousse une femme à pardonner immédiatement à son mari qui dit regretter son acte. Le pardon est le travail de lEsprit Saint. Pour lagresseur, il doit être précédé par une vraie repentance. Pour la personne maltraitée, le pardon fait partie du processus de guérison : il nécessitera du temps et parfois de la distance. La victime a tout à fait le droit de se soucier de sa propre sécurité et de celle de ses enfants. Insister sur un pardon trop précipité peut envoyer une femme et ses enfants vers davantage de maltraitance, voire à la mort. Une victime peut avoir besoin dun temps plus ou moins long avant de pouvoir pardonner. Cette période ne doit pas être forcée ni précipitée. Un temps assez long peut être nécessaire avant que les membres de la famille puissent se sentir en sécurité en présence de celui qui a trahi leur confiance et qui a mis en danger leur vie.
- Dieu peut apporter le pardon au moment opportun et de façon appropriée. Mais il ne va pas toujours de soi que la famille puisse à nouveau être réunie, même quand le pardon a été accordé.
La réconciliation
- Pour quil y ait réconciliation possible entre une femme maltraitée et lhomme qui la maltraitée, il faut poser les fondations avec soin. Le processus de guérison est lent et difficile pour les victimes. Les membres de son entourage peuvent être très désireux de voir la personne guérir, mais ils ne peuvent pas hâter le temps. Ils ont besoin de se rendre compte quune maltraitance qui a durée plusieurs années ne peut pas être éradiquée en quelques semaines ou en quelques mois. Dieu peut toucher une personne et apporter un renouveau spirituel instantané, mais les cicatrices de la maltraitance restent souvent vivaces pendant des années.
- Lauteur des sévices a besoin de temps, lui aussi, pour prendre conscience et se repentir de ses actes, pour chercher de laide et pour commencer à changer de comportement. Si la réconciliation est trop hâtive, lagresseur peut conclure que loffense nétait pas réellement si grave. La victime a besoin de temps pour prier et pour considérer dans tous les détails les aspects et les implications du prochain pas vers la guérison de son corps et de son esprit. Les deux parties doivent être très attentives au danger dune toujours possible récurrence de la maltraitance.
- La communauté chrétienne peut parfois aider à effectuer une réconciliation, mais les membres de léglise doivent faire très attention à ne pas forcer ni à accélérer artificiellement le processus. Après une réconciliation, léglise doit continuer à soutenir et être prête à intervenir quand cest nécessaire. En voulant aider la femme qui souhaite se réconcilier avec son mari qui la maltraitée, le pasteur et les amis chrétiens doivent être conscients quune réconciliation expose la femme et ses enfants à un risque. Léglise doit donc veiller aux questions de sécurité aussi bien quaux questions de guérison.
La guérison et la restauration
- La Bible parle beaucoup de guérison du cur et du corps. Elle parle aussi des temps et des saisons appropriés, dun esprit brisé et contrit et du renouveau. Dieu peut guérir totalement les victimes des pires sévices. Les femmes qui sont victimes de viol, de trafic sexuel ou de crimes de guerre ont besoin dun soutien particulier, de compassion et dune aide pratique de léglise. Les personnes blessées doivent reconnaître quelles ont besoin de ressentir la main de Dieu sur elles, tout comme les agresseurs doivent reconnaître leur besoin de repentance.
- Il nous faut reconnaître que lauteur de sévices est également blessé, souvent par un traumatisme de lenfance et certainement par son propre comportement. Lui aussi a besoin de guérison et dun soutien à travers lamour des chrétiens lorsquil essaie de réparer le mal causé à ceux qui sont les plus proches de lui. Mais il ne faut pas oublier le mal causé à léglise.
- Les chemins de Dieu sont souvent surprenants et nous ne pouvons jamais les maîtriser : cependant, léglise se trouve dans lobligation de dénoncer le péché. La communauté des chrétiens joue un grand rôle dans le processus de guérison en entourant les deux parties de ses prières, de son amour et de son soutien pratique. Cet amour de Dieu manifesté de façon pratique encourage à avancer sur le chemin de la guérison et à envisager la possibilité de la réconciliation.
La souffrance
- Selon une idée fausse assez répandue, la femme doit souffrir en imitation du Christ afin que son mari se convertisse à travers sa souffrance. Il est vrai que la Bible approuve ceux qui souffrent pour leur foi et qui refusent de renier le Christ. Cependant, le passage bien connu de 1 Pierre 2.18-19 est adressé à ceux qui souffrent en temps de persécution (1 Pierre 4.14-16).
- La Bible napprouve jamais les chrétiens qui se laissent maltraiter. Si le Christ a bien voulu offrir sa vie pour notre salut, dans dautres situations il sest défendu contre la violence, la calomnie, la tromperie et labus verbal et émotionnel (Luc 4.28-30, Marc 3.22-30, Jean 8.48-59, 10.39). Le fait de souffrir pour une cause peut faire avancer le Royaume de Dieu, mais ne peut jamais procurer le salut de qui que ce soit.
- Lattitude de bonté et de grâce dune femme peut éventuellement convaincre un mari de la vérité du message chrétien ; mais si elle continue à endurer la maltraitance de sa part, la vie spirituelle de tous les deux en souffrira.
- Dieu a institué le mariage afin dunir lhomme et la femme en une seule chair dans une union parfaite (Gen. 2.24, Eph. 5.31). La Bible insiste beaucoup sur la nature forte et permanente du mariage (Exode 20.14, Lév. 20.10, Deut. 5.18, 22.22, Prov. 2.16-17, 5.15-20, 12.4, 18.22).
- Nous souhaitons tous voir la guérison des mariages troublés, mais quand un auteur de sévices refuse de changer, la femme doit protéger sa propre vie et celle de ses enfants. Lidéal, dans les situations de maltraitance, est larrêt de toute maltraitance. Cependant, si tous les efforts du pasteur et de la communauté pour aider lagresseur à arrêter la maltraitance échouent, on aura éventuellement recours à dautres options, y compris la séparation, une intervention directe ou une action légale.
Lharmonie dans les relations
- Lharmonie du foyer est la responsabilité de tous. On traduit souvent le mot grec huptasso par « soumettre » lorsquil sapplique aux femmes, mais il a des sens variés dans le Nouveau Testament et dans la littérature de lépoque. Le mot peut être traduit dans le sens de se conformer aux désirs de, être fidèle à, sassocier à ou sidentifier à, sengager vis-à-vis de, se comporter de façon responsable, remplir ses obligations envers ou créer une relation profonde. Toutes ces valeurs peuvent enrichir abondamment un mariage.
- Quelle que soit la façon dans laquelle on choisit de comprendre la « soumission », il est important à noter que, chaque fois que la Bible parle de la soumission de lépouse, il est indiqué une directive spécifique qui vise à prévenir la cruauté envers lépouse (Eph. 5.28-29, Col. 3.19, 1 Pie. 3.7).
- Laffirmation que le mari est la tête de la femme est donnée comme une analogie pour exprimer lidée dintimité dans la relation, non pas comme une justification dune position de pouvoir autorisant la maltraitance. Les Grecs nutilisaient pas normalement la métaphore « tête » pour impliquer le pouvoir ni la domination sur autrui. Elle était plus souvent une image dinterdépendance (1 Cor. 12.21) et une aide à la croissance (Eph. 4.15, Col. 2.19). Ce thème est repris en Eph. 5.25-27. Le Christ est la tête et lépoux céleste et, dans ce rôle, il aide au développement de toute la potentialité de lEglise, son épouse. Le mari qui aime en vérité aide sa femme à devenir davantage elle-même et à être mieux équipée à servir le Christ.
- Une relation de maltraitance dans le mariage ne peut jamais être une image de lamour du Christ pour lEglise. Dieu se nomme lEpoux de Sion et, dans ce rôle, il promet quelle ne connaîtra jamais loppression ni la terreur (Esaïe 54.5, 14-15). La Bible encourage les époux à se donner mutuellement du respect plutôt que de sinsulter, de se blesser ou de se dénigrer.
- Le fruit de lEsprit propose le contraire direct de la maltraitance. A savoir, lamour, la joie, la paix, la patience, la bonté, le service, la confiance dans les autres, la douceur, la maîtrise de soi (Gal. 5.22). Le foyer est vraiment béni quand ces qualités abondent.
Lespoir pour lagresseur et la victime
- Les chrétiens ont parfois tendance à idéaliser la famille. La Bible relate le travail de Dieu à travers certaines familles en grande difficulté. Il nest besoin que de considérer les familles dAdam, dAbraham, dIsaac, de Jacob et de David pour constater que les textes bibliques nessaient nullement de gommer la triste réalité. Aujourdhui, comme à lépoque de la Bible, la maltraitance ne connaît aucune frontière : elle a lieu aussi bien chez les croyants quailleurs.
- Feindre dêtre une famille chrétienne heureuse ne fait quaugmenter la tragédie de la maltraitance des femmes. Quand on renie, quon minimise ou quon ferme les yeux sur le problème, on entrave le travail de lEsprit Saint. La Bible offre lespoir de la guérison à des familles troublées, mais cette guérison demande de lhonnêteté, de la foi, un dur travail et le soutien de la communauté chrétienne.
Dieu condamne la maltraitance
Du début à la fin de la Parole de Dieu, la violence est condamnée et la vie paisible est encouragée. Dans la Bible, on trouve plus de cent passages qui condamnent différentes formes de violence et de maltraitance. Nous autres chrétiens, nous devons donc écouter le cur de Dieu et aligner nos pensées aux siennes. Nous apprenons les principes suivants de la Parole de Dieu :
- La Bible demande des relations damour et de responsabilité entre les membres de la famille, et demande à chaque membre de combler les besoins des autres en tout honneur.
- La femme est à égalité co-héritière du don gratuit de la vie ; elle nest pas une possession de son mari.
- Lintimité requiert légalité et la réciprocité. La communion sexuelle requiert le consentement des deux époux.
- Dans le plan de Dieu, il ny a pas doppression dans le foyer.
- La maltraitance physique, sexuelle, émotionnelle et verbale est interdite par Dieu.
- On a utilisé de mauvaises interprétations des concepts des mots « tête », « soumission » et « hiérarchie » pour justifier la maltraitance.
- Le silence, le secret et la dissimulation ne sont pas le plan de Dieu pour venir à bout de la maltraitance.
- Léglise est chargée de dénoncer les situations de maltraitance au sein de sa communauté.
- Ladultère et linfidélité sont condamnés par la Bible.
- Les chrétiens ne peuvent pas approuver la polygamie, le trafic sexuel, labus des enfants et le viol.
- Le pardon est le travail de lEsprit Saint. Pour lagresseur, le pardon doit être précédé par une vraie repentance. Pour la personne offensée, le pardon fait partie dun processus de guérison qui prendra du temps et demandera parfois de la distance.
- Les fruits dune vraie repentance sont un changement dattitude et de comportement plutôt que des larmes, des cadeaux coûteux ou des promesses désespérées.
- Les chrétiens sont parfois appelés à risquer leur vie pour lEvangile. Cependant, en ce qui concerne les relations dans la famille, on ne doit jamais encourager quelquun à rester ni à se mettre dans une situation où sa vie serait en danger.
- Parfois, une période de séparation est la meilleure solution pour la sécurité et la paix des membres de la famille.
- Des hommes et des femmes de Dieu sont appelés à reconnaître la réalité et la gravité du phénomène de la maltraitance de plus en plus généralisé, à répondre avec compassion à ceux qui souffrent et à aider à leur guérison par un soutien pratique et spirituel.
- LEglise doit être un agent de guérison pour lagresseur aussi bien que pour la victime.