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Les rails qui mènent à Auschwitz sont encore en place

Keith Clements, secrétaire général de la Conférence des Eglises Européennes (CEC), s’exprime lors du 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Dans un monde de violence, de pauvreté, de maladie et de misère pour des millions de personnes", nous devrions "nous demander sur quelle route nous marchons et où celle-ci finira par nous mener" du fait que les "chemins qui mènent à Auschwitz sont toujours en place". Ces mots sont parus dans un article écrit par le pasteur Keith Clements, à l’occasion du 60e anniversaire de la libération d’Auschwitz. Cet article a été publié jeudi 27 janvier, dans le Baptist Times, l’hebdomadaire baptiste britannique.

Clements déclare: "J’ai visité Auschwitz en mars dernier. J’avais beaucoup lu et vu à ce sujet et il m'était difficile d’imaginer que je me trouvais réellement dans cet endroit, debout sur les rails du chemin de fer le plus infâme de l’Histoire qui mène au poste de garde de Birkenau, vers la plateforme".

"Une fois que l’on s’est tenu sur cette ligne de chemin de fer qui mène à Auschwitz-Birkenau, aucune autre ligne ferroviaire ne peut plus paraître innocente puisque toutes celles qui passent à travers l’Europe sont connectées entre elles. La route vers Auschwitz vient de très loin et n’a pas qu’un sens littéral. Elle débute avec un antisémitisme largement répandu qui rejoint peu à peu l’autoroute du nationalisme, lorsque la nation commence à remplacer Dieu en tant qu’objet de culte, pour venir ensuite se fondre dans le chemin de la supériorité raciale et la croyance que la différence de couleur, de culture ou de religion est l’ennemie d’une société "pure". Le train se rattache à la locomotive de l’Etat, apparemment omnipotent, qui clame son droit à tout tirer derrière elle, en conformité avec ses opinions. Le moteur est stocké dans l’idéologie que certaines personnes, même si elles ne sont pas vraiment une menace pour les autres, ne sont ici que pour être exploitées et gérées pour un gain économique facile.

Au final, dans un contexte de guerre où toute restriction a été ôtée, la route est droite et le terrain aplani pour permettre la "solution finale". Auschwitz fut un crime horrible, unique à la fois par son projet minutieux et calculé et par sa brutalité inhumaine. Mais ce fut également le point culminant des tendances endémiques qui grandissaient dans notre monde.

Auschwitz n’est pas seulement "arrivé", on l’a "fait arriver" et pire, on a permis que cela arrive ".

C’est précisément parce qu’Auschwitz est le résultat d’une "évasion morale" et de "peurs qui incitent les gens au silence et à l’inaction" que, de nos jours, nous devrions "nous demander sur quelle route nous sommes, et où celle-ci nous mènera en fin de compte.

Le mensonge selon lequel certaines personnes ne valent pas autant que nous en raison de leur couleur de peau ou de leur sexe ; le mensonge selon lequel les gens qui sont différents sont automatiquement des ennemis qu’il faut bannir ou éliminer ; le mensonge selon lequel quantités d’individus n’existent que pour notre bénéfice économique et que l’on peut s’en passer lorsque cela nous convient ; le mensonge selon lequel les prétendus intérêts des Etats (ou d’un Etat en particulier) passent en priorité sur n’importe quoi ou qui d’autre ; le mensonge selon lequel un pays quelconque peut entrer en guerre sur un mensonge ; et le plus gros mensonge de tous, selon lequel dans n’importe quel cas, il n’y a rien que nous puissions faire ; tout ces mensonges sont largement répandus dans notre monde. Tous ces mensonges sont les chemins qui mènent au bout du compte à Auschwitz et ils sont toujours présents ".

Le texte complet de l’article du Dr Clements est disponible dans l’édition du 27 Janvier du Baptist Times, ainsi que sur www.baptisttimes.co.uk


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